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Mardi 06 mai 2008

Vais-je dormir ce soir? Tant de fantômes hantent ma vie et mes pensées! J'entends les hiboux qui hululent au coeur de ma tête. Et mon âme fourmille de douces sensations que je ne connaissais pas à ce jour. Je me demande ce qui m'arrive; est-ce la jeunesse qui se reprend en me souhaitant de ne rien manquer cette fois? Et mes rêves s'érotisent d'eux-mêmes, en me montrant cette beauté danser devant moi un tango endiablé. Vais-je dormir ce soir? Je revois toutes les femmes qui m'ont aimé mais que j'ai aimées plus encore. Je me souviens de ces douceurs cachées que nous nous faisions à l'abri des tempêtes et de la platitude des grands, des sérieux, des monotones. Et je danse dans ma tête un sensuel flamingo en admirant tes grands yeux noirs qui m'invitent à plus loin, à plus doux encore. "Si tu veux donner un sens à ta vie, donne-le dans le sens de mon lit", sembles-tu me suggérer, en me provoquant de tes hanches lancinantes à souhaits. Et je danse avec toi des airs perdus dans les dédales des temps révolus. Mais c'est comme si tout se passait au présent, ici et maintenant. Vais-je dormir ce soir? Toi seule peux me le dire. Et ces hiboux hululent dans ma tête... Viens...
Daniel
Publié par ange
à 2008-05-06 10:24:35
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| Prose et textes tendres.
Jeudi 27 mars 2008
Belle, élégante, élancée, tu cours dans mes rêves d’un passé trop vite révolu. Je me souviens de ce jeune amour qui nous liait l’un à l’autre, de ces moments éprouvants vécus chacun en l’absence de l’autre. Je me souviens de ces mots doux que nous nous écrivions, juste pour alimenter ces jours trop brefs d’un amour printanier. Je me souviens de ces dimanches bucoliques passés à arpenter les sentiers du parc qui vit naître notre amour, jusqu’à ce banc qui est encore là et que nous voyons parfois, quarante années plus tard.
Rien n’aurait pu faire se séparer ces deux mains unies pour tant de jours à venir, pour tant de mondes inconnus. Nous fabriquions des projets d’envergure et pourtant, nous n’avions rien d'autre que nos études à terminer et que leur coût à défrayer. Nous logions à l’enseigne d’un optimisme inébranlable et caressions déjà ces enfants qui seraient nôtres. Et la Vie nous a aimés, nous a bénis, malgré les heures d’angoisse vécues et les peurs perçues parfois comme insurmontables. Malgré les anicroches et les infidélités de jeunes corps qui devaient exulter.
Nous sommes là, tant d’années après, toujours unis dans un amour devenu tendresse profonde, complicité de deux automnes de la vie qui surgissent au gré des mots doux si bien connus, des forces et des faiblesses de chacun, des peurs d’une perte prématurée de l’autre. Dans nos yeux se lisent ces souvenirs enfouis dans nos corps SEXagénaires et dans nos âmes immortelles.
Au moment où nous entendons parler de cette année de notre mariage, celle d'Expos 67, nous savons que la vie continuera de se faire belle parce que nous le voulons, parce que nous le décidons à chaque matin, quand ce léger baiser vient sceller un amour qui durera jusqu’aux confins de tous les univers.
Daniel
Publié par ange
à 2008-03-27 08:21:49
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Lundi 24 mars 2008

Dieu a rappelé Sœur Julie, cette petite Québécoise du Carmel de Paris. Je l’avais tant aimée alors que nous vivions une adolescence heureuse dans notre Granby natal. Puis un jour, elle partit seule en voyage du côté de la France. C’est là-bas qu’elle vécut une forme d’illumination ou de conversion qui l’éloigna définitivement de son pays. Elle entra dans la communauté de Taizé du Frère Roger et de là, le Carmel fut son refuge éternel. Qu’était-il arrivé à cette bonne vivante qui, je crois, m’aimait aussi? Seul Dieu a la réponse à cette question, comme on sait si bien le dire.
Mais l’annonce récente de sa mort me rappelle cet amour de jeunesse où mon désir d’elle n’avait d’égale que la passion vouée à cette magnifique blonde athlétique aux yeux bleus.Je l’entends encore éclater d’un grand rire sonore au cinéma du quartier, alors que le film était d’une tristesse inouïe. Quel grand nombre de chuttt de la part des spectateurs frustrés accueillirent sa délinquance juvénile! Et moi, je l’aimais d’un amour tendre et respectueux, comme l’exigeaient les mœurs de l’époque. C’est tout de même au gré de quelques baisers volés que notre rapprochement annonçait un bel avenir rempli de douceur et de complicité amoureuses. Mais aucune promesse de sa part n’est jamais venue sceller une quelconque certitude chez moi. Elle demeurait évasive sur les possibles liens qui un jour, pourraient nous unir. Déjà, me semble-t-il, son cœur était pris par une puissance bien supérieure à la mienne; mais elle l’ignorait elle-même, malgré certaines évidences.
Sœur Julie est morte au Carmel de Paris, il y a deux mois déjà; et peu de gens d’ici ont souvenir qu’elle ait illuminé la vie de quelques personnes qui se souviennent encore d’elle. Et je suis de ces personnes ayant libéré des milliers de pensées en forme de colombes pour accompagner l’âme si belle de cette jeune fille exilée vers un destin qui ne fut jamais nôtre. Bonne éternité, Sœur Julie que j’ai tant aimée!
Daniel
Publié par ange
à 2008-03-24 22:30:55
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Mercredi 12 mars 2008

Dansez, dansez madame, au son de cet allegro moderato qui rappelle nos folles amours d’antan. Nus sur cette plage ensoleillée, nous avions joué aux jeux de l’amour, comme seule jeunesse sait le faire. Et nos soirées remplies de la 6ième symphonie de Mahler se balançaient au gré des brises nocturnes. Le pas léger de l’ombre embrasait nos baisers cachés, que seuls nous connaissions. La mer distillait ces liquides que nos corps enlacés épanchaient à force d’amour. Enlacés toujours sous un voile complice, nous fredonnions Chopin, Barber ou Schubert avant que l’heure de ce triste concerto ne vienne refroidir les rayons qui réchauffaient notre douce vie à deux. Et cette maudite guerre qui brise passions, amours et délices, allait nous obliger à tant de distances exécrées, exacerbées par ces airs militaires de Haydn, Wagner ou Beethoven. Ces amours à mille lieux l’un de l’autre n’allaient que renforcer ce besoin inouïe de solitude à deux. Et nos corps se joignirent à nouveau dans cette paix profonde où ne tonnent plus les canons et où seuls sonnent les clochers de nos villes ensommeillés de clarté. Et la vie défila comme une comédie dramatique, avec ses joies si fortes et ses peines trop grandes. Et le temps nous poussa comme poussent les roses, jusqu’à l’âge de l’amour tendre. Cet âge où les passions se sont calmées pour faire place à une belle complicité que seule la mort brisera, le temps d’un nouveau rendez-vous que nous nous donnerons dans un ailleurs meilleur. Et à nouveau, vous serez là devant moi, dansant sur les airs de nos folles amours d’antan, Mahler, Barber, Rachmaninov. Éternellement…
Daniel
Publié par ange
à 2008-03-12 19:38:57
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