Comme un grand livre ouvert. - Critique le livres.




Mercredi 17 mars 2010

"L'étrangleur d'Édimbourg", Ian Rankin.

C’est le premier polar de Ian Rankin que je lis. Il s’agit aussi du premier roman de sa part qui implique son inspecteur adjoint John Rebus. Ce dernier est un homme d’une quarantaine d’années, divorcé et père d’une fillette d’une douzaine d’années. Il possède un caractère très spécial, marqué qu’il est suite à son passage dans une branche très dure de l’armée britannique. A chaque fois qu’il se rappelle de cette mauvaise expérience, il se met à pleurer, lui qui a vécu une profonde dépression suite à sa sorte des SAS (ladite branche militaire).

Dans ce roman, un tueur de fillettes hante les rues d’Édimbourg, Écosse, endroit où se passe ce polar. Pendant que la police est à la recherche de ce tueur en série, Rebus reçoit de bizarres de lettres anonymes qui contiennent des indices qu’il ne comprend d’abord pas. Son frère, hypnotiseur est aussi présenté dans le roman et, selon un journaliste vraiment curieux et tenace, ce Michael Rebus n’a pas les mains tout à fait blanches; donc, son frère policier trempe peut-être aussi dans la magouille. Mais il faut d'abord arrêter ce tueur de jeunes filles.

Mon évaluation :

Comme je lis toujours un auteur de polars par ordre chronologique de la sortie de ses livres, ceci, afin de voir l’évolution de son ou de ses héros au gré des nouveaux romans, j’ai lu ce tout premier livre de Rankin présentant un drôle de policier.

Dans ce roman assez intéressant, on voit que l’auteur veut d’abord camper ses personnages pour la longue série de livres qui suivront. Ce Rankin n’est pas un grand polar, mais il se lit tout de même bien. D’après mes fouilles sur Internet, certains de ses romans suivants ont été de loin meilleurs que ce premier.

Ainsi, pour ce premier roman policier de Ian Rankin comportant 286 pages en format poche et édité en français en 2004 (paru en 1987 en anglais d’Écosse), je donne une note de 7 sur 10.

Daniel

 



Mercredi 10 mars 2010

«Les sirènes de Bagdad» de Yasmina Khadra.

Connaissez-vous Yasmina Khadra?  On a longtemps pensé qu’il était une femme de par ce pseudonyme. Mais son vrai nom est Mohamed Moulessehoul. Il est un ancien officier de l’armée algérienne. Il est  aujourd'hui écrivain internationalement connu. Ses romans sont traduits en 33 langues.

 

Pour ce qui est de la présentation de ce livre, je laisserai l’auteur lui-même le faire, grâce à YouTube. Vous n’avez qu’à aller ici :

 

http://www.youtube.com/watch?v=w8mqx1EEirg

 

Mon évaluation:

 

Cet auteur se donne sûrement la mission de rapprocher l’Orient et l’Occident avant que les deux se démolissent pour de bon dans une haine et une peur réciproques incorrigibles. Ce roman m’a grandement aidé à mieux comprendre la culture arabe et musulmane, cette grande civilisation que nous sommes portés à traiter aujourd’hui comme constituée de nuls et de 2 de pique intégristes.

 

J’adore l’écriture de cet auteur. Il possède une langue chantée, des images puissantes et parfois surprenantes pour nous. Son style demeure oriental, même s’il écrit en français. Moi qui me suis amusé à lire le Coran et certains écrits bahaïs, je trouve qu’il y a des similitudes entre ces écrits et le style de  Khadra.

 

J’aime la lutte de cet homme qui vise à rapprocher l’Orient et l’Occident et à proscrire autant la guerre préventive à la Bush que les frappes à l’aveugle que font les terroristes musulmans. Ce premier livre que je lis de cet auteur est le troisième d’une trilogie. Il vient après les « Hirondelles de Kaboul » et "L’attentat" qui se passe en Israël. Je lirai sans faute ces deux romans.

 

On ne peut quitter ce livre sans vivre une grande tristesse mêlée d’un tout petit espoir que ces tueries stupides et inutiles cessent un jour.

 

A ce livre de 337 pages en format régulier, édité originellement en français en 2006 aux éditions Julliard, je donne une note de 9 sur 10.

 

Daniel

 



Vendredi 5 mars 2010

"L'amour au temps des solitudes", Max Gallo.

«L’amour au temps des solitudes» de l’académicien Max Gallo est un livre noir, hyperréaliste. Mais j’ai aimé la sagesse contenue dans ce roman parfois désespérant. Voici le résumé :

 

« Lorsqu'ils se rencontrent par hasard dans une rue du Paris d'aujourd'hui, elle, Jeanne Guilcher, et lui, Vincent Janovers, ont déjà une vie derrière eux. A quarante ans, ils ont des nostalgies, des regrets, des attaches, une histoire. Et cependant, ils sont seuls face à leur angoisse : un drame vient de la frapper; un remords le tenaille. L'époque les inquiète. Ils sont desemparés. Peuvent-ils encore aimer?


Autour d'eux se joue une comédie humaine à laquelle ils doivent participer. A leur suite, le roman nous fait explorer ce milieu que l'actualité, les pouvoirs et les apparences obsèdent. Il y a là l'écrivain célèbre et la directrice de magazine, le reporter et le financier, bien d'autres encore. Mais chaque masque social cache un désarroi, souvent aussi des lâchetés ou un mystère. Parce qu'ils refusent de se prêter au jeu, qu'ils ont renoncé aux simulacres, Jeanne et Vincent font éclater l'imposture, et leurs vies basculent. Ainsi s'éclairent peu à peu le passé des uns et des autres, l'histoire d'un demi-siècle avec ses violences, ses trahisons, ses héroïsmes, ses illusions.


Quelles sont les couleurs de l'amour, à mi-vie, entre un homme et une femme? Jeanne et Vincent s'interrogent, se confient. Ils commencent à espérer - ce drôle de mot qu'ils ne concevaient même plus - que, grâce à l'autre, ils vont pouvoir accepter ce qu'ils sont, ce qu'est pour eux et autour d'eux la vie. Quand elle prend le visage d'une guerre qui se déroule aux portes de notre Europe, Jeanne et Vincent s'y plongent comme par défi, pour tenter de sauver, si près et si loin de la comédie dont ils se sont détournés, ceux qui subissent dans leur chair la tragédie de l'histoire. Peut-être est-ce ainsi, par un exigence de vérité, que commencent, en ces temps de solitudes, les amours adultes. »

Mon évaluation :

Comme c’est différent de lire un livre écrit en français par un grand auteur. Bien différent des diverses traductions de l’anglais que nous lisons souvent. L’écriture est précise, riche, descriptive, mais juste assez. Tous les sentiments cachés de l’être humain, ses peurs, ses désespérances y passent l’un après l’autre et amènent le lecteur à une forme de méditation nécessaire. Édité chez Fayard en livre de poche. 310 pages. Je donne un 8,5 sur 10.

Daniel



Mardi 2 mars 2010

"La mort indienne", Karin Fossum.

Voici une nouvelle auteure norvégienne faisant son entrée dans ma bibliothèque. On dit qu’elle fait partie des grands auteurs de polars scandinaves; il faut la lire pour pouvoir la comparer à Henning Mankell et aux autres. Voici donc le résumé de ce livre selon le quatrième de couverture:

« Lorsque Gunder Jomann, l’éternel célibataire, part en Inde pour trouver une épouse, il n’en souffle mot à personne à Elvestad.

Le jour même où la mariée indienne doit arriver, le corps mutilé d’une jeune femme est retrouvé dans un champ près de la maison de Gunder. Qui peur croire que, parmi les bonnes gens d’Elvestad, il se trouve quelqu’un capable d’un crime aussi abominable? Personne, sauf l’inspecteur Konrad Sejer, toujours aussi calme et déterminé, qui sait bien que les braves gens sont capables du pire et que nul n’est totalement innocent. »

Mon évaluation :

L’écriture comme l’histoire sont simples. On parle d’une enquête policière et on est loin de la sociologie comme dans les polars de Mankell, qui ne se gêne pas pour faire une étude critique de son pays dans chacun de ses romans policiers ou autres.

J’ai aimé la lecture de ce livre tout simple mais comme je le trouve en général dans les romans d’Agatha Christie, ça manque quelque peu d’action. L’étude de la personnalité de certains personnages, tels ceux qui pourraient être les assassins, est approfondie et bien menée. Par contre, je trouve que la personnalité du détective récurrent nommé Konrad Sejer n’est pas très bien campée.

Je vais lire un autre roman de cette auteure avant de me faire une idée sur elle. Mais je dois dire que j’ai été déçu sur quelques points. Ainsi, il y a des trous. Par exemple, une jeune fille, témoin important du meurtre, fabule un amour entre elle et l’adjoint de l’inspecteur Sejer; l’adolescente est dérangée et ronge son frein avec des projets bizarres face au jeune policier. Mais on ne sait pas ce qui se passe en fin de roman. De plus, c’est le premier polar que je lis où la fin de l’histoire reste floue. Le lecteur n’est pas certain de qui est le meurtrier, devant lui-même se faire une idée sur l’individu qui a tué méchamment la pauvre dame…. Bref, on reste sur sa fin et sur sa faim.

Ainsi, pour ce polar norvégien de 387 pages en format régulier édité en 2007 chez JC Lattès pour la traduction française (édition originale en 2000), je donne la note de 7 sur 10.

Daniel



Samedi 27 février 2010

"Disparu à jamais" de Harlan Coben.

Voici le second roman de cet auteur américain à succès nommé Harlan Coben. Le titre en est « Disparu à jamais ». J’avais lu son premier roman « Ne le dis à personne », et j’ai préféré ce premier roman à celui-ci. Comment dire? Coben n’écrit pas des polars comme le fait Michael Connelly, qui a été chroniqueur judiciaire pendant des années et qui connaît à fond les rouages des divers corps de police états-uniens. Chez Connelly, c’est la police qui enquête et tout cela est très technique et judiciaire. Coben fait plus dans le thriller que dans le polar. Il a un petit côté analyse psychologique allant parfois pas très loin du fantastique, du fantasmagorique, comme ce personnage nommé le Spectre dans ce roman que je vous présente. Coben est un véritable écrivain de thrillers qui n’ont pas nécesssairement à voir avec les enquêtes policières. Pour les connaisseurs, je dirais que Michael Connelly me fait penser à Mary Higgins-Clark alors que Harlan Coben ressemble plus à Patricia Highsmith, avec ses personnages souvent sombres, tordus, psychotiques et sociopathes.

Dans ce roman intitulé « Disparu à jamais », nous avons un anti-héros nommé Will Klein. Tout joue contre ce pauvre mec qui n’est pas du tout un policier ou un enquêteur. Ainsi, les femmes de sa vie ne sont pas chanceuses : d’abord, sa mère meurt d’un cancer. Puis, on apprend que la première femme de sa vie a été assassinée (le frère de Will, Ken en serait l’assassin; c’est pourquoi il est en fuite depuis onze ans). Enfin, Sheila, la seconde femme de sa vie disparaît et est retrouvée morte à l’autre bout du pays. Ce pauvre Will enquête avec son meilleur ami, sur ce fouillis de meurtres sadiques la plupart du temps. Il est mauviette, un peu épais mais on finit par le trouver sympathique et par en avoir pitié…

Vous aurez compris qu’à un certain moment, le lecteur voit bien que tous ces événements ont quelque chose à voir ensemble. C’est un peu gros, presque caricatural d’un vrai polar mais bon, c’est comme ça. Alors, voilà toute une intrigue complexe à souhaits mais avec un petit côté presque comique; on a parfois le sourire aux lèvres tant on trouve que tout ça ne se peut pas… On se demande même si Coben ne se moque pas un peu du polar américain.

Même si c’est parfois bizarre et un peu gros, l’intrigue est captivante et bien menée. Avec Coben, on ne sait vraiment pas où l’on s’en va. Mais à vrai dire, je trouve le décalage énorme entre ce que j’ai lu de Connelly et ce thriller de Coben. Peut-être trouverai-je le prochain roman meilleur, mais disons que j’attendrai avant d’acheter l’œuvre complète de Harlan Coben.

Pour ce roman Pocket de 465 pages, paru en 2003 pour la traduction française, chez Belfond, je donne une note de 7,5 sur 10.

Daniel



Mardi 23 février 2010

"Le brasier de l'ange" de James Lee Burke.

"Les Fontenot (des Noirs) ont été métayers de la famille Bertrand (des Blancs) pendant plusieurs générations, mais Moleen, l'actuel propriétaire, veut les expulser. Alors que la plantation Bertrand est déjà envahie par les bulldozers, la vieille Bertie Fontenot soutient qu'elle possède un titre de propriété sur ces terres où, selon la légende, Jacques Lafitte aurait enterré de l'or. Au même moment, Sonny Boy Marsallus, un chien fou dont les exploits au Salvador et au Guatemala lui ont valu une réputation de "survivant indestructible", confie à Dave Robicheaux son journal intime en lui demandant de le garder au cas où il lui arriverait malheur. Or c'est Della, la petite amie de Marsallus, qui est victime de tueurs particulièrement barbares. Dave mène l'enquête aux côtés de sa collègue Helen Soileau et de son vieux complice Clete Purcel, et plus il s'efforce d'atteindre la vérité, plus elle lui échappe et plus la menace se précise contre lui et sa famille."

Mon évaluation :

J’adore le style limpide de Burke. Peut-être que le fait qu’il me prenne toujours aux tripes est dû à mon ascendance acadienne. La façon dont Burke peint la petite vie et les misères des Cajuns, blancs ou noirs donne le goût d’aller visiter la Louisiane. Le jazz et le blues sont omniprésents dans son écriture. Les noms français des personnages nous surprennent toujours un peu. Mais ce qui me surprend le plus dans tous les livres de Burke est la décadence du peuple américain. On tue par monts et par vaux dans ce charmant pays. On apprend même que la Louisiane est l’État où le taux de criminalité est le plus élevé des USA.

Burke aborde constamment les vieux démons des Louisianais. Les Noirs comme Les Blancs ou Mulâtres ont tous leurs grigris. Le présent se heurte constamment au passé des Confédérés et le racisme sudiste est répugnant. La plupart des Blancs voient les Noirs comme des esclaves et le peu d’instruction de ces derniers en fait des sous-hommes abusés à salaires ridicules. Burke dénonce ce racisme, l’installation de la mafia, la déstructuration de la Louisiane qu’il aime tant.

J’avoue être parfois fatigué de cette violence omniprésente dans les livres de Burke mais il m’a comme jeté un sort parce que je continue à aimer follement le lire; son personnage de Dave Robicheaux demeure un des plus attachants dans  mes nombreuses lectures.

Ainsi, pour ce roman policier de 465 pages en format poche, édité en 2002 chez Payot et Rivages pour ce qui est de la traduction française, je donne une note de 8 sur 10.

Daniel

 

 



Mardi 16 février 2010

"Bitteroot" de James Lee Burke.

 

 

"L’avocat texan Billy Bob Holland se rend dans le Montana chez son ami Doc Voss, qui s’est installé dans la Bitterroot Valley après le décès de sa femme. Le Montana est souvent synonyme de paysages grandioses, de vie bucolique et de paisibles parties de pêche, mais à Bitterroot, Doc Voss a rencontré une tout autre réalité. Il s’est fait de solides ennemis en menant campagne contre un consortium minier dont les agissements menacent l’économie de la région et l’environnement. Les choses prennent un tour tragique quand la fille de Doc est victime d’une agression. Et les coupables possibles ne manquent pas.

Entre les Blancs racistes, les fondamentalistes, les Indiens de la réserve locale, le moins que l’on puisse dire est que les relations sont exacerbées. Sans compter l’inquiétant Wyatt Dixon, prisonnier remis en liberté, qui veut se venger de Billy Bob car il le juge responsable de sa condamnation et de la mort de sa soeur. La Bitterroot Valley est devenue semblable à un chaudron où bouillonne la violence."

Mon évaluation:

Les livres de Burke déclinent une géographie de l’Ouest américain hantée par le mal. À la fois violente et lyrique, cette troisième aventure de Billy Bob Holland me laisse pour le moins pantois. Au moment où je lisais ces lignes, une prof de biologie abattait des collègues dans une université américaine. Ce roman nous suggère sans aucun doute que le peuple américain est demeuré un peuple de cowboys qui s'entretuent pour tout et pour rien. Serait-ce le  cas? J'ai rarement lu un roman avec autant de violence et de tueries.

James Lee Burke écrit très bien et est très bien traduit par Patricia Christian.Il sait bien montrer la psychologie profonde de ses personnages, telle que la culpabilité dans le cas  autant de l'avocat de ce roman que de Devereaux dans ses romans louisianais. Mais décidément, si ce pays est aussi violent que ce que j'ai  lu, je ne vais plus jamais me promener aux USA. ;-)

Donc, pour ce roman politico-judiciaire de 342 pages en format régulier, édité en français en 2007 chez Payot et Rivages, je donne une note de 6,5 sur 10.

Daniel

 



Lundi 8 février 2010

"Heartwood (Coeur de bois)", de James Lee Burke.

Je suis revenu à cet auteur américain aux descriptions époustouflantes de la nature de l’Ouest américain. Je vous ai déjà présenté certains de ses romans dont le héros était le policier Dave Robicheaux et le tout se passait à la Nouvelle-Orléans et ailleurs en Louisiane.

Ici, Burke nous présente un roman où nous abordons la série Billy Bob Holland. Billy Bob Holland est avocat, et comme celui de Dave Robicheaux (de la série louisianaise), son parcours ne fut certes pas des plus simples. Ancien Texas Ranger, patrouillant le long de la frontière mexicaine pour dissuader l’immigration sauvage, il a un passé violent, marqué – de même que Dave Robicheaux – par un acte qui le hante constamment : il a tué accidentellement son compagnon de « chasse » LQ Navarro. Billy Bob est constamment hanté par le fantôme de son meilleur ami qu’il a accidentellement tué, LQ Navarro, un Mexicain. Ce flirt avec le paranormal est vraiment à la manière de James Lee Burke qui s’en sert dans d’autres de ses romans. Dans ce roman socio-psychologique, Billy Bob Holland, avocat, est amené à affronter l’homme le plus puissant de la région texane de Deaf Smith, Earl Deitrich. Ce dernier a même épousé Peggy Jean Murphy, l’amour de jeunesse de Billy Bob.

Deitrich accuse l’un des ouvriers qui travaillent pour lui d’avoir volé une montre à la valeur inestimable et, surtout, cent mille dollars de bons au porteur. Billy Bob accepte d’assurer la défense de l’ouvrier, un jeune homme foncièrement bon et naîf nommé Wilbur Pickett. De plus, le fils de Earl Deitrich est un sadique qui s’amuse à humilier et à tabasser les plus faibles, les Mexicains entre autres qui, avec leurs gangs, peuvent lui remettre la monnaie de sa pièce.

Mon évaluation:

J’aime beaucoup l’écriture très descriptive et bucolique de Burke. On sent qu’il aime l’Amérique profonde avec sa beauté mais aussi avec ses défauts tels une violence sans bornes et une guerre des puissants qui se finit trop souvent dans la mort.


Dans un environnement glauque au plus haut degré, il est question de prévarication, d’argent sale, d’amours troubles, sauvés par des éclairs d’humanité. Comme dans la vie, des moments humains noyés dans la masse des petites saloperies au quotidien. Et comme dans la vie, comme dans James Lee Burke usuellement, les bons ont des éclairs de méchanceté, les méchants, eux, le sont vraiment.

Je donne à ce roman de 299 pages en format régulier, édité en 2003 pour la traduction française, aux éditions Payot et Rivages, une note de 7,5 sur 10.

Daniel

 

 



Dimanche 24 janvier 2010

"Le symbole perdu" de Dan Brown.

Je me suis laissé tenter par le dernier Dan Brown, comme tant de lecteurs d'ailleurs. Voici le résumé de ce thriller sur la franc-maçonnerie:

Robert Langdon, professeur en symbologie, est convoqué d'urgence par son ami Peter Solomon, maçon de haut grade, pour une conférence devant être donnée le soir même à Washington.
En rejoignant la rotonde du Capitole, il fait une découverte pour le moins macabre. Ce sera le premier indice d'une quête excitante qui se passe des sous-sols de la Bibliothèque du Congrès aux temples maçonniques, à la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie. Une aventure où s'affrontent les traditions ésotériques et la formidable intelligence de Robert Langdon.

Mon évaluation:

Je n'ai pas vraiment aimé ce roman. Dan Brown a trouvé une recette payante, tout au plus. D'abord, après tous les romans écrits, Brown n'a pas amélioré la qualité de son écriture. En effet, encore une fois, la qualité du texte se retrouve dans la recherche fastidieuse que ce type de roman demande et par la qualité de son histoire. Son style d'écriture est très simple pour ne pas dire simpliste. Ensuite, il y a tellement d'informations données dans une forme de tornade informationnelle,  qu'on a de la difficulté à suivre la démarche de l'auteur.

Un autre défaut, je le répète, est la recette employé par Dan Brown pour tous ses romans. Si comme moi, vous avez lu tous les romans de Brown, cela devient, avec les romans qui s'accumulent, presque ridicule. Changez quelques noms de ce roman et vous obtiendrez "Anges et démons" ou le "Da Vinci Code". Seul le roman "Deception Point" sortait de ces sentiers battus, je trouve.

Les péripéties se passant dans la ville de Washington, il est évident qu'un Américain aura moins de difficulté à s'y retrouver dans ce charabia d'informations sur les Pères fondateurs et sur les édifices de l'endroit. C'est vrai qu'on apprend beaucoup sur l'endroit et son histoire de telle sorte que le lecteur ne verra plus jamais cette ville de la même façon. 

Ce roman sur la franc-maçonnerie ne déplacera pas autant d'air que le Code Da Vinci parce que comme tant d'autres, je ne connais rien à la maçonnerie et je me fous pas mal de ce qui s'y passe. Ce n'est pas comme les attaques de Brown contre le christianisme dans le Code Da Vinci. Brown est un maître dans le domaine de la conspiration. Il détient une recette magique. Mais dans ce cas-ci, je trouve qu'il manque son coup s'il voulait choquer ses lecteurs. En fait, le gâteau n'a pas levé.

Donc, pour ce roman ésotérique de 595 pages en format régulier édité en français chez Jean-Claude Lattès en 2009, je donne la note de 6,5 sur 10.

Daniel



Jeudi 7 janvier 2010

"Crises" de Robin Cook.

Quel bizarre  roman médical! Tout comme l’ancien avocat John Grisham écrit des romans judiciaires, l’ancien chirurgien Robin Cook écrivait des romans qui tournent tous autour de la médecine et des hôpitaux. (Robin Cook est malheureusement décédé en 1994).  Voici un résumé de ce roman :

« Il n’y avait plus qu’un seul sénateur ultra-conservateur pour s’opposer aux expériences du docteur Lowell, génial inventeur de nouvelles méthodes de clonage. Mais quand sa carrière politique et sa vie sont menacées par une grave maladie, le politicien n’hésite pas à pactiser avec le diable, Et à commettre un sacrilège : l’ADN nécessaire à son traitement devra être celui du Christ, prélevé sur le suaire de Turin…

Un thriller qui mêle religion, politique et technologie pour créer le plus surprenant et le plus effrayant des suspenses. »

Mon évaluation :

L’auteur veut évidemment remettre en question l’empêchement de recherches sur les cellules souches tel que nous l’avons connu aussi durant le  règne de George Bush aux USA. Il montre bien que c’est exprès que les ultra-conservateurs manipulent le peuple en mettant sur la même pied le clonage d’êtres humains et le clonage de certaines cellules qui permettra de guérir plusieurs maladies chroniques comme celle qui accable ce sénateur hypocrite.

Quant à moi, le fait que le sénateur exige que lui soient injectés des filaments d’ADN provenant du suaire de Turin ne fait que compliquer la trame du livre et n’apporte rien au roman. Bon, c’est mon avis mais je n’ai pas spécialement aimé ce thriller médical étriqué et presque fantasmagorique.

Ainsi, pour ce roman de 630 pages en format poche, publié chez Albin Michel en 2004 pour la version française, je donne une note de 6 sur 10.

Daniel

 



Lundi 28 décembre 2009

"Le testament", John Grisham.

Je viens de terminer un autre roman signé John Grisham. Il a pour titre « Le testament ». En voici un résumé :

Un vieux milliardaire cupide a semé ci et là six enfants qu’il déteste royalement et qui le lui rendent bien. Ce milliardaire meurt et il déshérite presque complètement ses six enfants connus qui sont tout aussi cupides et véreux que lui. Il lègue tout à une fille « illégitime », missionnaire chez les Indiens de l’Amazonie.

L’avocat du milliardaire est mandaté pour gérer le testament et envoie au Brésil un autre avocat de son bureau prénommée Nate, afin de localiser la fille en question dans les montagnes du Pentanal et de lui faire signer l’acceptation des 11 milliards de dollars dont elle vient de s’enrichir au détriment de ses demi-frères et soeurs. Nate se lance dans cette mission au moment où il sort d’une ixième cure de désintoxication contre les abus d’alcool et de drogues. Retrouvera-t-il cette fille et acceptera-t-elle ce legs faramineux?

 

Mon évaluation :

Je n’ai vraiment pas été enchanté par ce roman judiciaire. D’un côté, la perfidie et la mesquinerie de l’homme et de l’autre, la bonté de Dieu et de ses représentants sur terre, qui peuvent faire des miracles. Entre les deux, les avocats encore plus véreux que les héritiers.

Grisham connaît sûrement très bien le monde des avocats et celui des alcooliques anonymes, car on comprend que son roman se base quelque peu sur le programme en 12 étapes. Il y a des longueurs et j’ai trouvé pénible la lecture des chapitres touchant les guerres entre les héritiers aussi insensibles que méchants. Heureusement qu’il y a ces retours dans la jungle brésilienne. Ils nous font faire le parallèle entre les valeurs matérialistes de la culture américaine VS la simplicité et le bonheur des indiens du Brésil. C’est peut-être là le plus beau côté de ce roman : la critique sur la consommation à outrance des États-Uniens…

En conclusion, pour ce roman judiciaire édité en 2000, chez Robert Laffont pour l’édition française et comportant 445 pages, je donne une note de 6 sur 10.

 

Daniel

 

 



Mardi 22 décembre 2009

"Comedia infantil", Henning Mankell.

Voici un autre roman d'Henning Mankell qui n’a rien d’un polar, tout comme “Le fils du vent” que je vous présentais récemment. Cette fois encore, l’auteur nous offre une histoire qui touche les enfants de la rue africains. Attention! Ce roman est cruel et tendre à la fois. En voici un résumé :

« Le ciel était dégagé après les violentes pluies et la lune était pleine le soir où je posai Nelio sur le matelas sale. Là où à l’aube, neuf jours plus tard, il allait mourir.
 
Une nuit, dans un port d’Afrique, un homme est assis sur le toit d’un théâtre et contemple la ville à ses pieds. Il se remémore l’histoire que Nelio, l’enfant des rues, lui a confiée au cours des neuf nuits qui lui restaient à vivre.
 
Qui est cet enfant âgé de dix ans qui détient déjà toute la sagesse d’un vieil homme? Pourquoi a-t-on voulu le tuer?
 
La guerre civile fait rage. Nelio est le seul rescapé de la mise à sac de son village. Après une période d’errance, il finit par gagner la grande ville et il rejoint un groupe d’enfants des rues avec lesquels il affronte la misère, la faim, l’intolérance. Mais face à la barbarie, Nelio oppose la poésie et la générosité et se laisse guider par l’imaginaire.
 
A travers ce conte humaniste, à la fois cruel et tendre, Mankell décrit à l’intention de ses lecteurs – les jeunes comme les moins jeunes – la terrible réalité des enfants orphelins d’Afrique, mais aussi leur force et leur capacité de survie. »
 
Mon évaluation :
 
La poésie et la générosité de ce livre en font un instant à part, une parenthèse d'oxygène dans nos vies matérialistes et individualistes. Mais attention! Ce roman n’est pas facile à lire. Il crève le cœur. Il marque la pensée à jamais. Il est douloureux pour les gâtés par la vie que nous sommes. Lire ce roman en pensant à ses enfants ou à ses petits-enfants qui pourraient vivre les mêmes situations fait peur.
 
Mankell m’a encore possédé avec son style d’écriture souple, dynamique et entraînant. J’aime autant ses livres d’Afrique que ses polars. On constate ainsi que c’est bien vrai que la moitié de sa vie se passe dans cette ancienne colonie portugaise de l’extrême Est de l’Afrique : le Mozambique, avec ses guerres civiles et ses tremblements de terre. Quant à moi, Mankell m’a encore fait vivre un tremblement de cœur, une arythmie de ma pensée occidentale trop bien formatée.
 
A ce roman humaniste de 230 pages en format régulier, édité au Seuil en 2003 pour la traduction française, je donne une note de 8,5 sur 10.
Daniel


Mercredi 16 décembre 2009

"Le fils du vent" de Henning Mankell.

J’ai adoré ce roman de Mankell. Mais attention! Pas de commissaire Wallander dans ce roman, puisque pas de roman policier, contrairement à ce que cet auteur nous offre habituellement. Mankell nous entraîne cette fois dans un conte philosophique où l’on parle aussi d’aventure, de mœurs et d’éthique humaine.

En 1878, un jeune entomologiste sans diplôme quitte la Suède pour l’Afrique, plus précisément, pour le désert de Kalahari où il rêve de trouver l’insecte rare non encore répertorié. Mais il découvre plutôt un jeune Africain orphelin d’une dizaine d’années dont la famille a été décimée lors d'un massacre perpétré par des Blancs. Hans Bengler, l'entomologiste,  adopte alors le petit Mollo rebaptisé Daniel et l’amène vivre en Suède "afin de lui offrir une vie meilleure", pense-t-il.

Mais la rencontre avec le monde de l’homme blanc ne sera pas facile pour Daniel. Son père adoptif exige de lui qu’il oublie entièrement son passé, qu’il apprenne la langue suédoise, qu’il adhère au christianisme et à toutes les valeurs occidentales, etc. Mais Daniel n’a qu’une idée en tête: apprendre à marcher sur l’eau comme Jésus le faisait, pour pouvoir retourner dans son désert rejoindre les âmes de son père, de sa mère et de ses ancêtres.

Mon évaluation :

Henning Mankell a fait du petit Daniel un personnage très touchant. A travers son histoire, on est témoin de l'obscurantisme qui régnait à cette époque où certains scientifiques pensaient encore que les Noirs sont issus d'une race inférieure destinée à disparaître. L'enfant est d'une naïveté pleine de bon sens face aux carcans que lui impose la société occidentale (en matière d'habillement, de rites religieux...) et on assiste au choc de 2 cultures dont le mode de vie, la spiritualité, sont radicalement différents. On ne peut s'empêcher de se dire que la plus "évoluée" des deux cultures n'est peut-être pas celle que l'on croit…

Mais ce roman est magique, comme si les esprits de Be et de Kiko (la maman et le papa de Daniel) habitaient aussi ces pages que nous lisons. Ce roman recèle une grande part de candeur, de rêve et d'émotion, et il fait bon se chauffer au soleil africain, même s'il se cache dans la mémoire d'un enfant, tout en se faisant nous-mêmes geler, tant par le climat que par la rigidité suédoises face à cet enfant qu’on regarde comme un objet de cirque attardé.

Il faut savoir qu'Henning Mankell vit autant en Afrique qu’en Suède. Voici donc un très bel hommage à son pays d’adoption, le Mozambique et au peuple africain en général.

 

Pour ce roman de 327 pages en format régulier, édité au Seuil en 2004 pour la traduction française, je donne une note de 9 sur 10.

 

Daniel 



Jeudi 10 décembre 2009

"Hiver arctique", Arnaldur Indridason.

Je viens de lire ce dernier roman d’Arnaldur Indridason, cet auteur islandais très apprécié dans le monde entier. Voici le résumé de ce polar :

 

Un soir glacial de janvier à Reykjavik, en Islande, le corps d'un garçon est retrouvé au pied d'un immeuble de banlieue. Il était âgé d’une douzaine d’années. Ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande.

Le commissaire Erlendur et son équipe n'ont aucun indice, mais le frère aîné de la victime disparaît avec la complicité de sa mère. Erlendur va explorer tous les préjugés qu'éveille la présence croissante des immigrés dans une société fermée. Une autre enquête mobilise Erlendur au même moment : une femme trompée qui croyait au grand amour a disparu et une femme mystérieuse appelle le commissaire sur son portable pour pleurer, ce qui va permettre au commissaire de révéler ses dons de diplomate. Par ailleurs, son fils et sa fille s'obstinent à exiger des réponses qu'il n'a aucune envie de donner.

 

Mon évaluation :

Je suis plutôt déçu de ce polar d’Indridason. Je n’ai pas mordu comme dans d’autres de ses romans et je me demande un peu pourquoi. Peut-être suis-je fatigué de ces personnages déprimés et blasés vivant dans ce pays froid où la nuit dure six mois durant l’hiver…

 

Indridason traite d’un sujet très chaud dans plusieurs pays occidentaux : l’arrivée massive des immigrants et la peur des petits peuples comme les Islandais, (comme nous) de perdre leur identité et leur culture. Cette xénophobie irait-elle jusqu’à l’assassinat d’un pré-ado?

 

Je suis aussi un peu fatigué du déroulement des enquêtes dans les romans d’Indridason. Ainsi, dans les polars américains, la police scientifique, la criminalistique ont beaucoup à apporter comme c’est le cas dans la réalité. Mais dans les polars scandinaves, on dirait que les auteurs ne sont pas des spécialistes du domaine policier, comme c’est par exemple le cas de l’auteur américain Michael Connelly. C’est pourquoi les enquêtes sont surtout basées sur les interviews et les intuitions des policiers. Ce qui fait que le commissaire Erlindur peut passer des pages à questionner un témoin pour nous apprendre 5 pages plus loin, qu’il est totalement à côté de la « track ». Bon, cela crée parfois des longueurs inattendues.

 

Et je n’ai rien compris de la présence dans ce polar de cette seconde enquête sur une femme disparue. Bizarre, non?

 

Ainsi, pour ce roman policier de 335 pages en format régulier, édité chez Métailié en 2009 pour la traduction française, je donne une note de 6,5 sur 10.

Daniel



Vendredi 4 décembre 2009

"L'idéaliste" de John Grisham.

 

Voici un roman judiciaire qu’on ne peut pas lâcher avant de l’avoir terminé. C’est sûrement pourquoi j’ai lu jusqu’à 1h30 la nuit dernière…

 

Rudy Baylor vient de sortir de la faculté de droit de Memphis. Un stage de consultation dans un centre de jour pour personnes en perte d’autonomie fait qu’il devient le consultant, puis l’avocat d’un couple qui a deux fils, des jumeaux dont l’un se meurt de leucémie. Une grosse compagnie d’assurances refuse depuis un an de payer pour la greffe de moëlle osseuse dont son frère pourrait lui faire don, puisqu’ils sont jumeaux identiques.

 

Le nouvel avocat s’attaque donc à cette compagnie voleuse et sans aucune compassion; c’est vraiment David contre Goliath. Pendant toute la lecture de ce livre, je me suis demandé jusqu’à quel point nos compagnies d’assurances jouent le même jeu qui vise à presque toujours se désister pour ne pas payer les sommes dues quand une personne tombe malade.

 

Évidemment, Rudy Baylor est aidé par des avocats chevronnés dans cette aventure judiciaire. En plus, il réussit même à tomber en amour « dangereusement » avec une superbe jeune femme.

 

Mon évaluation :

 

Malgré une certaine aridité dans les termes et procédures de loi, l’ancien avocat Grisham nous livre une fois de plus un excellent bouquin. C’est la justice et la vérité contre l’énorme machine à dollars américains. A la fin du livre, on retrouve le dégoût complet de Grisham pour son ancien métier.

J’aime l’écriture simple et limpide de cet auteur. De plus, ses personnages ne sont jamais des héros ou même des anti-héros. Ils sont des gens ordinaires comme le sont les lecteurs. La fin du livre est vraiment prenante et fait que les lecteurs risquent de se coucher tard. Une fin inattendue comme je les aime.

Ainsi, pour ce roman judiciaire de 549 pages en format poche, édité chez Robert Laffont en 1995 et devenu un film que je n’ai pas vu, je donne une note de 8 sur 10.

 

Daniel

 

 



Mercredi 2 décembre 2009

"Promets-moi" de Harlan Coben.

Une fois de plus, j’ai lu un Harlan Coben, même si les aventures de Myron Bolitar ne sont pas parmi mes préférées dans le monde du polar.

 

Dans le roman « Promets-moi », Myron, ex-champion de basket devenu agent sportif, puis détective privé par la force des choses, doit, bien malgré lui, vivre une nouvelle aventure suite à une promesse faite à la fille de 18 ans d’un couple d’amis. Ainsi, il avait dit à cette fille de ne jamais monter à bord d’une voiture conduite par quelqu’un en état d’ébriété, mais de plutôt lui téléphoner à toute heure du jour ou de la nuit si elle est mal prise. Ce qu’elle fit.

Myron alla donc la reconduire en pleine nuit chez une amie de Livingston au New Jersey, où elle devait passer la nuit. Mais la jeune fille disparut et Myron fut le dernier à l’avoir vue. Fugue? Enlèvement? Se sentant bien coupable, il promit à sa mère, une vieille amie du temps du secondaire, de la lui ramener saine et sauve. Ça faisait pourtant six ans qu’il n’avait pas mis les pieds dans ce monde glauque et dangereux des gangsters et des méchants…

 

Myron Bolitar est à la fois suspect et enquêteur dans cette affaire. Son ami Win, le riche sociopathe, est évidemment là pour protéger ses arrières. Réussira-t-il à retrouver cette jeune fille au prénom de Aimee?

 

Mon évaluation :

C’est un bon Coben, même si, comme je l’ai mentionné, il n’est pas mon auteur préféré. Je le trouve meilleur dans les autres romans que ceux touchant Myron Bolytar. Mais c’est tout de même un bon polar qui se lit d’une traite. L’écriture est rapide, dynamique, et quelques bonnes blagues un peu sordides font parfois sourire le lecteur. La fin est par contre un peu cousue de fils blancs mais bon, n’est-ce pas le rôle d’un écrivain de polars de décontenancer au maximum le lecteur?

 

Ainsi, pour ce roman édité chez Belfond en format Pocket en 2007 pour la traduction française, je donne un 8 sur 10. 506 pages.

 

Daniel



Vendredi 27 novembre 2009

"La dernière récolte" de John Grisham.

   John Grisham nous offre ici un roman d’époque, une quasi autobiographie qui diffère beaucoup de ce qu’il écrit habituellement, soit des romans policiers ou judiciaires, puisqu’il a une formation d’avocat. Voici donc un résumé de ce roman d’époque :

 

   Arkansas, septembre 1952. Luke Chandler, le narrateur âgé de sept ans,  accueille avec son grand-père les résidents des collines et les Mexicains qui viennent faire la cueillette annuelle du coton dans le petit village de Blach Oak.

« Les trois générations de la famille Chandler traitent leurs ouvriers avec bienveillance et vont jusqu’à les faire participer à la marotte locale – le base-ball –, ce qui n’empêche pas les cueilleurs de connaître de graves ennuis.

La plupart sont imputables à Hank Spruill, un colosse à l’humeur redoutable. Se rendant en ville un soir, il tue un homme dans une rixe. Luke est le témoin involontaire de ce crime. Il observe désormais Hank avec angoisse et tremble quand il assiste aux affrontements qui l’opposent à un Mexicain, joueur de couteau, qui fréquente en cachette la sœur du colosse, âgée de dix-sept ans…

L’aventure ne va-t-elle pas finir par une seconde mort?

Mais Luke a d’autres soucis. Lorsque sa famille ne s’inquiète pas pour son jeune oncle Ricky qui se bat en Corée, elle s’interroge sur la naissance chez leurs voisins misérables d’un enfant illégitime qui est peut-être le fils de cet oncle Ricky…

À tout cela s’ajoutent les préoccupations constantes à propos des aléas de la météorologie, depuis le cyclone qui traverse la ferme jusqu’aux averses qui inondent les champs, détruisant les récoltes et entraînant Luke et sa famille vers une vie nouvelle.

 

Mon évaluation :

«La Dernière Récolte» s’inspire de l’enfance de John Grisham, nous dit-on. Moi qui ai connu les années 50 chez nous, ce roman me donne une bonne idée de ce qu’étaient les mêmes années pour un jeune vivant dans le sud des États-Unis : beaucoup de différences mais aussi beaucoup de choses semblables.

Il s’agit tout de même d’un beau roman en partie autobiographique qui rappelle un peu « Les raisins de la colère » de Steinbeck. Les personnages y sont fort bien campés. L’écriture est claire, nette et puissante. Une excellente description d’une époque difficile et d’un lieu bien précis font de ce roman une belle page de la littérature nord-américaine.

Ainsi, pour ce roman d’époque de 456 pages en format poche, édité chez Robert Laffont, en 2002 pour la version française, (le titre original étant « A painted house », je donne une note de 8,5 sur 10.

 

Daniel

 



Lundi 23 novembre 2009

"L'insoutenable légèreté de l'être, Kundera.

"Es muss sein!" Il le faut, disait Beethoven. Il faut lire ce livre, vibrer à sa poésie et méditer ses messages. « L’insoutenable légèreté de l’être" est un livre qui marque le lecteur pour le reste de ses jours, même si pour certains, l’invasion de Prague par les chars russes est quelque chose de lointain et d’inconnu. Mais 1968 est tout près de nous au sens de l’histoire.

Kundera nous offre ici un roman que je qualifie facilement de philosophique. Par la vie de quelques personnages, il nous mène à une réflexion sur la légèreté ou la lourdeur des gens et des choses. Tomas, médecin praguois libertin est léger. Son amoureuse Téréza, jalouse malgré elle, est lourde. Puis l’histoire d’une maîtresse de Tomas, Sabina et de Frank nous parle aussi de légèreté et de pesanteur…

L’écriture de Kundera est poétique et nous mène malgré nous à la réflexion, même si ce roman fut écrit en tchèque et est merveilleusement bien traduit par François Kérel. En plus d’avoir droit à la vie dure et amère de ces Tchèques durant cette période, nous avons même droit à la vie du chien de Téréza et de Tomas, Karénine et à la vraie définition du mot "kitsch" qui est un peu employé à tort et à travers aujourd’hui.

Mon évaluation :

Jamais chez Kundera, la gravité de la vie et des choses et la désinvolture n’ont été unies comme dans ce livre. Même la mort présente un double visage : celui d’une douce tristesse onirique et celui d’une cruelle farce noire.

J’ai aimé lire ce roman profond et assez difficile de lecture parce que c’est un « muss » dans une vie de lecteur; mais je me serais bien passé de certaines phrases philosopho-théologo-merdiques comme la suivante : pour Kundera, le kitsch est formé de l’apparence des choses telles que l’humain veut et a besoin de les voir. Ainsi, il écrit : « Si récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par des pointillés, ce n’était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale ! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L’instant de la défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l’une: ou bien la merde est acceptable (alors, ne vous enfermez pas à clé dans les waters !), ou bien la manière dont on nous a créés est inadmissible. Il s’ensuit que l’accord catégorique avec l’être  a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n’existait pas. Cet idéal esthétique s’appelle le kitsch.»

Alors, pour ce roman philosophique édité en français chez Gallimard en 1984 et comptant 394 pages, je donne 8,5 sur 10. Et malgré les passages que je questionne (ce livre est fait pour se questionner), je le recommande fortement.

Bonne semaine!

Daniel



Jeudi 19 novembre 2009

"Haute-Ville, Basse-Ville" de Jean-Pierre Charland.

Je vous présente le dernier roman historique d’une belle série écrite par cet auteur. Des romans tels que « L’été de 1939 », « Les portes de Québec », etc. Voici le résumé de l’histoire basée sur un fait réel :

L’histoire  se passe en 1925 dans la ville de Québec. Québec est plus que traumatisée par le viol et le meurtre crapuleux de Blanche Girard, une jeune fille de condition modeste vivant dans la basse-ville. Des rumeurs circulent à l’effet que des gens de la haute société vivant dans la haute-ville sont impliqués dans cette sordide affaire, dont des fils de ministres… Le parti Libéral alors au pouvoir fera tout pour étouffer l’affaire…

Ce roman est inspiré de l’affaire Blanche Garneau qui s’est déroulée en 1920 à Québec. Le cadavre de Blanche Garneau, une modeste vendeuse, est retrouvé dans le parc Victoria le 28 juillet 1920. Elle est disparue six jours auparavant. Cette affaire a crée une véritable commotion dans la ville et a donné naissance à plusieurs rumeurs, dont une impliquant des fils de députés dans ce meurtre.

Mon évaluation :

Ce roman historique se veut à la fois une chronique d’époque très bien rendue, un polar intéressant, une étude de mœurs d’un temps où les riches, le pouvoir et l’Église catholique faisaient bon ménage.

Charland est un historien d’abord ; il a le don de nous transporter dans des époques pas si lointaines mais que la plupart d’entre nous n’ont pas connues. Ce sont, en fait, des études sociologiques qui savent très bien nous expliquer nos origines de francophones vivant en Amérique du Nord, de conquis des Anglais, d’abusés des curés et des politiciens. Quand je lis les livres de Charland, je revois mes grands-parents qui eux, ont vécu cette époque de la grippe espagnole, de la Première guerre mondiale, de la crise de 1929, etc.

Comme le Québec a changé dans certaines choses ! Mais comme il est resté le même dans d’autres ! Je pense ici à la malhonnêteté de certains et aux raisons de vouloir le pouvoir. L'homme ne changera jamais, on le sait! Seule l’Église catholique a totalement perdu toute forme de pouvoir ici. Mais elle a bien couru après…

Pour ce roman historique édité chez Hurtubise en 2009 et contenant 595 pages, je donne une note de 8,5 sur 10. Je suggère à tous ceux qui aiment le Québec de le lire. Les romans de Charland nous aident à respecter notre "Je me souviens" national...

Daniel



Dimanche 15 novembre 2009

"L'Homme trafiqué" de Jean-Jacques Pelletier.

Voici le roman d'espionnage-polar québécois qui m'a fait fabuler ces derniers jours. "L'homme trafiqué" a été écrit par un ancien prof. de philo. au CEGEP Lévis-Lauzon, Jean-Jacques Pelletier. Il fut édité chez Alire, en 2000 et il compte 368 pages. En voici le résumé:

Karl est lexicographie, il écrit des dictionnaires de gemmologie (les diamants). Il fait la découverte ou on lui fait faire la découverte du plus gros diamant au monde. Il est alors poursuivi par une ou plutôt des organisations aussi secrètes que criminelles, dont celle nommée LE SYNDICAT. Et en plus, Karl souffre d'amnésie par rapport à une partie de sa vie, le pauvre.

L'auteur nous entraine dans le monde fascinant du diamant et raconte des histoires à dormir debout. Sauf qu'on peut se demander s'il n'y aurait pas beaucoup de vrai dans toutes ces histoires à dormir debout, concernant le contrôle qu'une poignée d'hommes peuvent avoir dans un secteur particulier, comme celui du diamant.

J'ai trouvé l'histoire bien complexe. Ce type de roman d'espionnage requiert une attention soutenue face aux gestes posés par les personnages car ils sont souvent "fuckés" psychologiquement, posent toujours des gestes calculés et empreints de haute stratégie et de mille détours insoupçonnés. Heureusement que Pelletier écrit très bien et réussit à simplifier suffisamment pour ne pas que le lecteur s'y perde totalement.

Cet auteur que je ne connaissais pas jusqu'à ce jour, me semble très érudit et possède très bien son sujet. Il a dû être très bien informé, car entre nous, chez le commun des mortels, qui connaît le monde du diamant?

J'ai eu le plaisir de constater que l'histoire se passe encore une fois dans la ville de Québec, mais évidemment, on se déplace partout dans le monde. On est dans le jet set diamantaire international ici. 

Je pense que je viens de découvrir un excellent auteur sauf que parfois, ça sent la recette toute faite. Est-ce parce que j'ai lu trop de romans d'espionnage par le passé?

Pour mieux juger l'oeuvre de cet auteur, je vais lire d'autres de ses romans. Je pense qu'il y a une suite à celui-ci.

Pour l'instant, mon évaluation de ce roman se situe à 8 sur 10.

Daniel


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