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Mercredi 27 août 2008

Ce récit autobiographique répond d’abord au cliché : journaliste en pleine crise existentielle. Elisabeth possède toutes les raisons d’être heureuse selon les critères USA : un mari aimant et riche, un boulot de rêve et un foyer dans les banlieues chics de New York. Il ne manque plus qu'à ajouter l'accessoire indispensable à toute femme allant sur la trentaine, un enfant. Pourtant, sur un coup de tête, Elisabeth envoie tout promener par-dessus bord, ne sentant tout simplement pas la fibre maternelle. Adieu époux, cocktails mondains et dépression ! Un divorce houleux, une liaison malheureuse dans la foulée et plusieurs boîtes de kleenex plus tard, elle est fin prête à se reconstruire. Mais pour cela, il faut qu'elle se trouve, quitte à prendre une année sabbatique et à partir se ressourcer en Italie, égrener des mantras jusqu'à se rendre chèvre en Inde, puis échouer à Bali dans la cabane d'un sorcier. !
Un premier frisson nous bouleverse lorsque l'auteur annonce en préambule l'organisation de son livre construit à la manière d'un japa mala : " Ce collier de 108 récits se décompose à son tour en trois sections (...). Chaque partie comporte donc 36 récits (...)" Faut dire qu'elle a aussi 36 ans à ce moment.
Pourtant, dès le premier chapitre, Elisabeth Gilbert fait preuve d'une drôlerie inattendue. Boute-en-train, elle a le don de se moquer d'elle-même, y compris lorsqu'elle décrit les épisodes jalonnant son mal de vivre et son divorce à la newyorkaise : long, douloureux et coûteux ! Durant la première partie de son voyage, elle fera la dolce vita et prendra pas moins de dix kilos.
Les choses se gâtent à la deuxième partie, lorsque Liz part faire un stage de quatre mois en Inde. Une succession d'Ashrams, de mantras, de litanies bouddhistes s'abattent sur le lecteur vite lassé. Liz n'en finit pas de prier, de se lever à toute heure pour pratiquer son yoga, manger uniquement végétarien et s'interroger sur son divorce. Heureusement que l’humour reviendra en force quelques 100 pages plus loin.
La troisième partie vient en sauveur du livre, grâce à sa relation avec ce gourou. Malgré son excentricité apparente, le projet d'Elisabeth Gilbert garde une véritable cohérence tout au long du récit, construit avec une logique cyclique autour de ces trois actions centrales : manger, prier et aimer. Et c'est avec exaltation qu'elle va enfin trouver SON mot, clôturant son histoire pour un nouveau départ dans la vie.
A tous ceux qui se trouvent en pleine mutation dans leur existence, ce livre offre, malgré quelques longueurs, une bonne remise sur pied.
Mon évaluation :
Bon, j’ai dû faire preuve de détermination pour lire ce livre et inviter mon côté « féminin » à se montrer, car il faut bien le dire, c’est un vrai livre de filles. Et ça fait très différent de ce que je lis habituellement. Un livre prêté par une de mes filles. Je devais donc le lire sans faute. Ce livre édité chez Calman-Lévy en 2006 compte 454 pages.
Ma note : 7 sur 10.
Daniel
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à 2008-08-27 12:58:19
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Lundi 25 août 2008

L'histoire se passe au début de 20ième siècle, sur l’île de La Petite Poule d'Eau, une île éloignée au nord du Manitoba où vit la famille Tousignant. Luzina est une femme chaleureuse qui aime follement la vie. A chaque année, elle part faire un long voyage vers le sud, d’où elle revient avec un cadeau, un nouveau bébé.
Luzima décide un jour de construire une petite école dans le but d'instruire ses enfants. Nous faisons alors la connaissance des professeurs qui se succéderont à chaque année pendant seulement trois ans ainsi que du capucin qui croisera la vie de cette famille pauvre mais heureuse. La première maîtresse d'école, Mademoiselle Côté a surtout été appréciée par Luzina et ses enfants. C’est elle qui donna à toutes et tous le goût de l’instruction dont pour l’une, le goût de devenir maîtresse d’école.
Plus tard, on verra Luzina, le cœur déchiré, perdre chacun de ses enfants qui partira étudier dans le sud.
Mon évaluation :
Un petit livre savoureux rempli de douceur et de tendresse! L'histoire est joliment racontée. Gabrielle Roy décrit l'île de la Petite-Poule-d'Eau de telle façon que nous ressentons très bien l'attachement que porte la famille Tousignant pour ce coin de pays isolé. L'auteur sait également nous faire ressentir cette soif d'apprendre des enfants, c'est un beau récit sur l'éducation. Je me suis beaucoup attaché aux personnages qui respirent la joie de vivre et la bonté.
L’écriture de Gabrielle Roy me fait beaucoup penser à celle des grands auteurs français qui l’ont à peine précédée : Zola, Maupassant, Balzac, etc. Tout comme avant Félix et Vigneault, nous étions en extase devant les chansonniers français parce que le « style » québécois n’avait pas encore vu le jour, il me semble que l’écriture de Gabrielle Roy est plus française qu’autre chose. Je devrai donc essayer de constater dans ses prochains livres que je lirai, si le fait de venir vivre au Québec a changé quelque chose dans son écriture. Mais cette auteure écrit merveilleusement bien comme je l’avais constaté en lisant il y a bien longtemps, « Bonheur d’occasion ».
Ce roman a été édité pour la première fois en 1950 mais réédité en 1993 sous un format de poche, par Boréal Contact. 255 pages.
Ma note : 9 sur 10.
Daniel
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à 2008-08-25 16:50:32
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Dimanche 24 août 2008

À l’instar d’un recueil de nouvelles, Michael Connelly propose ici quelques-unes des chroniques les plus représentatives de sa carrière journalistique, réalisées pour le South Florida Sun-Sentinel et le Los Angeles Times.
Des chroniques qui abordent, en général, de grosses affaires: des histoires incroyables de double vie, de bavures policières, de drogue ou de mafia. Comment ne pas s’endurcir, un peu comme les flics qui enquêtent durant toute une vie sur des histoires sombres et souvent sordides? Michael Connelly ne semble pas désabusé; les Chroniques du crime nous invitent à comprendre non seulement une partie du cheminement de l’auteur, mais à se rendre compte à quel point l’écrivain Connelly est déjà présent à l’époque où le journaliste Connelly mène ses investigations et construit tranquillement cette expérience sur laquelle il se basera ensuite pour écrire ses romans. Divisé en trois catégories, Les flics, Les assassins et Les affaires, ce livre tente de dresser le portrait du travail journalistique de Connelly. Les habitués de ses romans retrouveront la sensibilité aiguisée de l’auteur et son talent pour sonder l’esprit des policiers, des victimes ainsi que des criminels. C’est probablement sa façon «humaine» de décrire ses personnages qui le rend si crédible et fait de lui un des auteurs américains les plus lus au monde.
MON ÉVALUATION :
Malheureusement, c’est le dernier livre édité de Michael Connely que je lis pour la simple raison que je les ai tous lus. Bon, je n’ai pas été charmé par ces chroniques du crime, car c’est à peu près ce qu’on peut lire constamment dans nos journaux quotidiens. Il est vrai que cela nous montre les faits réels dans lesquels Connelly a pigé pour écrire ses romans mais je ne suis pas bien capable de cerner la raison d’être de ce bouquin. C’est pourquoi j’ai lu petit à petit les histoires vraies qu’il nous décrit, tout en lisant d’autres romans.
Ce livre a été édité en français au Seuil, en 2006. Il compte en format de poche, 319 pages.
Ma note : 6 sur 10.
Daniel
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à 2008-08-24 21:45:14
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Vendredi 22 août 2008

Voici un très bon polar que je qualifierais presque de théologique. En voici le résumé :
Pour l'inspecteur Dave Robicheaux et sa coéquipière Helen Soileau, policiers à New Iberia en Louisiane, tout commence par l'une de ces affaires au goût amer où la mort violente d'un enfant cause une tragédie familiale. En effet, une adolescente nommée Amanda Boudreau a été tuée de deux balles, violée et abandonnée dans un champ de canne à sucre. Puis une prostituée, fille d'un mafieux local, subit le même sort. Très vite, les soupçons se portent sur un musicien noir, le chanteur de blues Tee Bobby Hulin. Il se trouve que l'avocat de Hulin n'est autre que Perry LaSalle, qui appartient à une riche famille de planteurs de New Iberia. Les LaSalle, l’inspecteur Dave Robicheaux les connaît, et surtout, il connaît la sinistre réputation de l'homme qui fut leur contremaître : un être sadique nommé Legion Guidry. C’est ici qu'on trouve un personnage biblique : vous vous souvenez de cette réponse du diable qui a dit : « Je me nomme Légion? » Dave Robicheaux va trouver sur sa route une incarnation diabolique qui semble avoir le don d'ubiquité et va hanter ses cauchemars. Peu à peu, son enquête se transforme en duel contre un véritable génie du mal...
Mon évaluation :
Comme toujours, ce polar se passe dans la Louisiane des Cajuns où l’accent ressemble beaucoup à celui de notre Sagouine nationale. James Lee Burke est peut-être l’auteur au style littéraire le plus dense que je connais. Ses nombreuses descriptions de la nature et des êtres humains sont touffues et permettent de voir les situations comme si l’on regardait un film. Sa façon caricaturale de brosser ses personnages lui permet d’en introduire un grand nombre sans que le lecteur ait à chercher de qui il parle, chaque protagoniste étant très bien typé.
Sans oublier qu’il s’agit là d’un auteur américain qui remet constamment en question les valeurs états-uniennes parfois très questionnables comme le matérialisme, les abus de pouvoir sur les Noirs, les Francophones blancs pauvres que sont la plupart des Cajuns, le côté sombre qui existe dans chaque humain. Le personnage de Dave Robicheaux est aussi attachant que celui de Connelly, l’inspecteur Harry Bosch. Robicheaux est un être tourmenté, alcoolique membres des AA, qui fait les étapes de ce programme de sobriété totale tout en vivant dans un monde de violence et de crimes.
Ce roman policier a été édité en français chez Payot et Rivages en 2006. Il contient 361 pages en format régulier. Ma note : 8,5 sur 10.
Daniel
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à 2008-08-22 21:26:27
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Jeudi 21 août 2008

« Chagrin d’école » de Daniel Pennac a été salué par le prix Renaudot et ce prix est, je crois, bien mérité. J’aurais toujours voulu être enseignant. D’ailleurs, cette communauté religieuse à laquelle j’ai adhéré tout jeune encore est une communauté enseignante. Mais bien que j’aie été chargé de cours (comme second emploi), la lecture de ce livre me fait dire que j’ai manqué ma « vocation ».
Ce livre est écrit pour les profs d’abord, puis pour les parents et pour les élèves. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit un cancre, un mauvais élève devenir professeur puis grand écrivain. Quand on prend un an, comme ce fut le cas de Pennac, à apprendre à former la lettre a, c’est qu’on a des problèmes et il en avait de graves.
Ce livre délicieux et humoristique raconte la vie de ce cancre mais aussi, des cancres en général, de ceux qui se sentent « reject » par le système et les autres, ceux qui n’ont pas d’avenir, puisqu’ils se font si souvent dire : « Je me demande bien ce que tu vas faire de bon dans la vie, toi ». On leur prédit un avenir sombre, comment peuvent-ils ne pas se le prédire eux-mêmes? Le bon prof est un éveilleur des endormis. Quand un prof entre en classe, son premier travail est d’amener les élèves dans l’ici-maintenant en évitant qu’un élève reste dans le passé de son milieu familial parfois pas facile ou dans l’avenir qui pour lui, ne semble pas en être un bien reluisant.
Mais attention! Pennac ne prône pas la facilité, loin de là! Il faut enseigner la matière qu’on a à enseigner et montrer aux jeunes qu’ils doivent faire l’effort d’aller chercher les connaissances, eux qui comme consommateurs de vêtements griffés sont habitués de tout avoir en ne donnant rien en retour.
J’ai beaucoup apprécié ce livre qui démontre une théorie que j’ai toujours soutenue : les meilleurs profs que j’ai eus sont ceux qui comprenaient que comme élèves, nous ne comprenions pas toujours. Peut-être avaient-ils tous été cancres eux-mêmes? Et cette image grandiose de fin de livre, quand Pennac parle de ces hirondelles, qui, partant en groupe vers le sud pour migrer, fonçaient dans les vitres de sa chambre et s’assommaient. C’est alors que Pennac ouvrait toutes les fenêtres, celles du nord et celles du sud. Les hirondelles passaient par sa chambre pour migrer mais quelques étourdies réussissaient tout de même à aller s’assommer dans une petite fenêtre qui n’ouvrait pas. Elle tombait alors par terre, toute abasourdie. C’est alors que Pennac la prenait dans sa main, la caressait un peu, le temps qu’elle reprenne ses sens et la relançait dans cette course effrénée vers le sud. C’est l’image d’un prof qui sait s’occuper d’un cancre en le soignant et en lui donnant le goût de voler de ses propres ailes.
Mais le gros mot lâché à la fin, le mot indicible se nomme AMOUR. L’amour des jeunes, l’amour de son métier, l’amour agapè. Chez Gallimard, 2007, 305 pages.
Ma note : 9 sur 10. Si vous êtes profs, (bande de chanceux), si vous êtes parents ou élèves, lisez ce livre grandiose, vous comprendrez bien des choses…
Daniel
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à 2008-08-21 13:43:34
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Dimanche 17 août 2008

Voici mon second roman de Denis Monette. En effet, j’ai déjà fait dans ces pages, l’évaluation du roman « La paroissienne ». Voici un résumé de « Les parapluies du diable » de Denis Monette:
Un homme dans la cinquantaine prénommé Michel se stationne devant la maison de son enfance dans le coin du parc Jarry à Montréal. Au fur et à mesure qu’il fouille dans sa mémoire, il nous raconte son enfance difficile. Michel a quatre frères et pas de sœur. Il se définit comme le non-désiré, le mal-aimé de sa mère. Son père n’est qu’un géniteur totalement absent de la famille. La mère a subi les sévices de son propre père et bien malgré elle selon l’auteur, les reconduit sur ses fils, surtout sur son bouc émissaire de Michel. Manipulatrice à outrance, disant constamment à ses enfants qu’ils vont la faire mourir s’ils continuent à agir de telle ou telle façon, elle réussit même à en placer deux à l’orphelinat des Sœurs, tout en leur faisant accroire qu’il s’agit d’un collège. Et faut voir jusqu’à quel point Michel et Maurice sont « maganés » par les « pisseuses » (scribit l’auteur).
En conclusion, le narrateur explique au lecteur que cet arrêt devant la maison de son enfance était l’étape finale d’un long processus de pardon à sa mère qui, dès que son mari retors est mort, dès qu’elle n’a pas eu les enfants sur les bras, est devenue une femme merveilleuse, bonne vivante qui est même tombée en amour. On sent l’autobiographie dans ce roman, surtout qu’un des jeunes photographié sur la couverture du livre ressemble étrangement à… Denis Monette que l’on voit sur la couverture arrière.
Mon évaluation :
Les dialogues de ce roman d’époque sont écrits dans un style on ne peut plus vulgaire. Mais j’imagine que dans ces années 40 et 50, les membres d'une même famille s’envoyaient constamment chier, envoyaient même chier leur mère en sacrant, etc. Bon, c’est possible mais ce n’est pas une expérience que j’ai connue. Ce roman m’a donné une impression de déjà-vu, de réchauffé, d’une Aurore l’enfant martyr masculin. J’ai lu ce livre rapidement, car j’avais surtout le goût de voir la fin, pas parce que le roman était bon, mais parce que j’avais hâte d’en finir pour pouvoir en lire un autre.
J’avais aimé le roman « La paroissienne » de Monette et j’ai acheté plein de livres de cet auteur chez le bouquiniste. Mais celui-ci, vraiment je ne l’ai pas aimé, mais pas du tout. Je lirai d’autres livres de cet auteur, après tout, ce n’est qu’une « strike » en passant… Ah oui! Faut le faire, donner un titre comme « Les parapluies du diable », un peu comme « Les cerfs-volants de Kaboul » ou « J’ai serré la main du diable ». Vraiment, c’est ronflant et pédant comme titre et bref, ça n’a à peu près rien à voir avec l’histoire, ou si peu…
Donc, « Les parapluies du diable » paru aux Éditions Logiques en 1993. 325 pages en format régulier.
Ma note : 5 sur 10.
Daniel
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à 2008-08-17 11:04:01
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Samedi 16 août 2008

Voici la preuve qu’on peut manipuler une personne, la détruire psychologiquement à un point tel qu’elle veut mourir, se donner la mort. C’est ce que plusieurs personnes expérimentent dans ce polar trépidant.
Notre héros préféré, Patrick Kenzie, ce détective privé tenace qui ne lâche jamais reçoit une demande d’aide d’une jolie jeune femme, car un mec ne cesse de la harceler. Faisant appel à son psychopathe de service nommé Bubba, Patrick a vite fait de régler ce petit problème et jamais le gars n’aura le goût de recommencer. Mais 6 mois plus tard, Patrick apprend par la radio que cette jeune femme s’est jetée nue en bas d’un immeuble du centre de Boston, après avoir mené une vie de prostituée et de junky pendant les six derniers mois de sa vie, ce qu’elle n’était surtout pas au moment où Patrick l’avait connue. Ce dernier sent que quelque chose ne tourne pas rond dans cette histoire, que cette femme n’était pas du tout du genre à se suicider. Il demande donc à sa vieille comparse Angela Gennaro et à leur protecteur Bubba de venir l’aider dans cette enquête qui les mènera beaucoup plus loin qu’ils ne l’auraient cru.
Évaluation :
Voici un roman oppressant où le lecteur se demande comment l’homme peut parfois se rendre à un tel niveau de méchanceté envers son semblable. Le rythme de Lehane est toujours aussi rapide et dynamique, ses dialogues sont justes et remplis d’humour noir, un peu acides, ce qui nous soutire souvent un petit sourire, réel contrepoids au côté effrayant des romans de Dennis Lehane. L’auteur nous tient en haleine jusqu’à la fin du roman où une sorte d’apothéose, véritable feu d’artifice, vient clore une histoire terrible et des vies démoniaques, mais en laissant tout de même des souvenirs indélébiles à notre trio d’amis enquêteurs.
Ce roman policier écrit par l’Américain de Boston, Dennis Lehane compte en format de poche 469 pages. Il a été édité en 1999, mais en 2004 pour la version française, chez Payot et Rivages. Je note à 8 sur 10.
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à 2008-08-16 10:41:34
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Mardi 12 août 2008

En lisant ce roman en quelques heures d’affilée seulement, j’ai découvert un auteur époustouflant, Guillaume Musso. Ce jeune Français a un style ultra-rapide, télescopé, journalistique incroyable. Il a le don de faire haleter le lecteur qui devient vite incapable de fuir la trame de cette lecture. Comme on le dit si bien : certains ont un talent fou, et c’est le cas de Musso.
Voici ce qu’on peut lire sur la pochette arrière du livre : « Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent pas se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l’endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme. À la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations. Où était Layla pendant cette période? Avec qui? Et surtout : pourquoi est-elle revenue? »
On ne peut, nous Québécois, lire ce livre sans penser à la petite Cédrika Provencher. Je suggère fortement la lecture de ce roman de 297 pages, édité chez X0 éditions. Personne ne pourra jamais deviner la fin de cette histoire. Donc, comme l’écrit l’auteur au début du livre : il ne faut surtout pas connaître la fin avant de lire.
Mon évaluation : 9 sur 10
Daniel
Publié par ange
à 2008-08-12 21:57:14
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Lundi 11 août 2008

Jacques Poulin est un auteur québécois que je ne connaissais pas. J'ai donc acheté ce roman chez un bouquiniste et en voici mon appréciation; mais d'abord un résumé de l'histoire:
"Volkswagen Blues" est une "road novel", un peu comme le livre de Jack Kerouac "On the road again". Le personnage central se nomme Jack Waterman. Il est un écrivain québécois qui a pris ce nom anglais comme nom de plume. Il part à la recherche de son frère Théo qu'il n'a pas vu depuis 20 ans. Au volant de son vieux minibus Volkswagen il part de la Gaspésie avec pour seul guide une vieille carte postale de Théo qui ressemble plus à un message codé qu'à un souvenir et quelques cartes routières. En route il prend en auto-stop une jeune femme à la chevelure noire de jais surnommée la Grande Sauterelle et son chat. Elle est métissée, mi-Blanche, mi-Amérindienne. Tous deux vont traverser l'Amérique d'est en ouest, lui sur les traces de son frère, elle à la recherche de ses origines. Ils vont suivre la route des pionniers appelée la route de l'Orégon pour finalement arriver à San Francisco, métamorphosés par un voyage peu banal.
Évaluation:
J'ai eu un peu de difficulté à entrer dans ce roman. Je l'ai mis de côté pour en débuter un autre et j'ai poursuivi sa lecture quelques jours après. Puis, je me suis laissé prendre au jeu. L'écriture douce et feutrée est attirante et le couple de voyageurs sympathique. On y apprend aussi beaucoup de choses sur la route des pionniers qui sont allés vivre sur le bord du Pacifique au 19ième siècle et sur la façon dont furent traités les Amérindiens. En plus, cette relation platonique entre Jack et La Grande Sauterelle ainsi nommée à cause de ses grandes jambes maigres est remplie de douceur et nous laisse à penser qu'il se passera finalement quelque chose entre les deux... Le petit chat tient un rôle important dans cette histoire.
Ces personnages émouvants entretiennent un dialogue qui sonne juste et qui finalement, est très intellectuel et SEXY à la fois. L'écriture est simple et coule de source, même si on y trouve quelques invraisemblances telles que le fait de voir les deux personnages se vouvoyer pendant tout le voyage. Poulin voulait peut-être faire un peu "européen" dans ce contexte mais c'est plutôt fatigant pour nous Québécois. Ce livre de 290 pages en format régulier a été publié en 1984 aux Éditions Québec / Amérique. Je donne un 8 sur 10.
Daniel
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à 2008-08-11 16:15:46
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Dimanche 10 août 2008

Louis Caron
Connaissez-vous une toute petite ville du Québec qui la même année, a connu deux grands cataclysmes, un monstrueux glissement de terrain qui a vu s’effondrer une bonne partie de la ville et un incendie majeure qui a rasé 35 immeubles et jeté 75 familles à la rue? Les plus vieux se rappelleront que je parle de Nicolet où le 21 mars 1955, le feu fit de terribles dégâts et où le 12 novembre 1955, une portion de terrain du bord de la rivière Nicolet s’est effondrée dans ladite rivière.
C’est au travers ce terrible événement de l’effondrement de terrain que Louis Caron nous raconte une bien jolie petite histoire, ceci, à sa façon très personnelle. Au début, on y voit des personnages très colorés tel cet Autustin Lenoir qui aurait tant aimé avoir des enfants et qui en plus, est le souffre-douleur de la bande à Mirella, ces enfants qui lui jouent les pires tours, cette petite déficiente mentale qui ne cesse de crier: "Malheur! Malheur!. Ce petit Lone Ranger rejeté par la gang des petits malfaisants. Et soudain, c’est la déflagration et tout le remue-ménage qui se crée lors de l’événement. Il y eut trois morts lors de ce glissement.
Mon évaluation :
C’est le vrai Louis Caron que j’aime qui dans ce livre, nous propose la vie habituellement calme et savoureuse des années 50. Les gens de mon âge sont inondés de souvenirs de ce que c’était à l’époque. Quand je suis entré en communauté religieuse à l’âge de 13 ans, je me souviens très bien des Frères qui racontaient ce qui s’était produit de terrible lors de ces malheureux incidents nicolétains. En faisant une recherche sur Google, je me suis rendu compte que la rue qui longe la rivière Nicolet se nomme maintenant la rue du 12 novembre et qu’il existe aussi une place nommée la place du 21 mars pour commémorer l’incendie.
Ce livre a été publié chez Robert Laffont / Leméac en 1978. Il compte 252 pages en format régulier.
Ma note : 8 sur 10.
Daniel
Publié par ange
à 2008-08-10 11:54:28
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Vendredi 08 août 2008

Je suis enfin revenu dans la portion "romans historiques" de l'oeuvre de l’auteur québécois Louis Caron. J’y retrouve le même style de littérature que « Le canard de bois » et les autres romans de la trilogie « Les fils de la liberté » lus il y a fort longtemps.
Résumé :
Le jeune narrateur de ce roman est franco-Américain. Il est né à Lowell au Vermont. Il est déserteur car il refuse d’aller faire la guerre au Vietnam. Son vieil oncle Nazaire, ermite devenu muet comme une carpe, est parti sans avertir lors d’une fête familiale, se cacher dans la forêt et la famille, aidée des gens du village, est à sa recherche. Quel est donc le secret de ce vieil homme bizarre qui a ainsi fui en entendant parler de la guerre?
Le père du narrateur raconte l’histoire de Nazaire lors de la guerre 1914-1918. Il lève ainsi le voile sur cette portion de l’histoire des Québécois où ils refusaient en grand nombre d’aller se battre en Europe pour les Français qui les avaient abandonnés dans leurs arpents de neige et les Anglais qui les avaient colonisés. Nazaire, comme les autres déserteurs, n’était pourtant pas un lâche mais il ne voulait pas faire la guerre, il refusait de tuer d’autres hommes. Il s’était alors enfoncé dans les marécages du lac St-Pierre dans le bout de Nicolet, patrie de Louis Caron. Il vécut longtemps emmitouflé dans sa solitude, ses pensées, ses sentiments. Et il devait demeurer ainsi emmitouflé dans ses peurs et son mal-être jusqu’à la fin de ses jours. Nous sommes soixante ans plus tard, et le neveu narrateur vit une situation similaire, comme tant d’hommes l’auront vécue et la vivront face aux exigences des faiseurs de guerre.
Évaluation :
J’ai adoré ce court roman écrit avec simplicité. Les tableaux du Québec d’autrefois que Caron fait jaillir au bout de sa plume me rappellent une foule de choses dont le fait que mon père fut aussi un déserteur, un objecteur de conscience et qu’il eut à se cacher de la police militaire pendant fort longtemps. Quand un « appelé » (conscription oblige) était trouvé et ne se rendait pas, les MP tiraient et en ont tués un certain nombre. Mon père nous le racontait avec tristesse, puisqu’il avait ainsi perdu un grand ami.
À cette perle de la littérature québécoise, premier roman de Louis Caron édité en France en 1977 aux Éditions du Seuil, je donne un 9 sur 10. 207 pages. « L’emmitouflé » a été couronné par deux prix littéraires dont le Prix France-Canada
Daniel
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à 2008-08-08 12:56:05
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Jeudi 07 août 2008

Comme il écrit bien ce James Lee Burke! Je viens de terminer un autre polar de cet auteur : « Dans la brume électrique avec les morts confédérés. » Ce polar est même devenu film. En voici le résumé tel qu’écrit en quatrième de couverture :
"Une équipe de cinéma s'est installée à New Iberia pour y tourner un film épique sur la guerre de Sécession, avec la star hollywoodienne Elrod Sykes. Arrêté par Dave Robicheaux pour conduite en état d'ivresse, l'acteur affirme au policier qu'il a vu, pendant le tournage d'une scène dans un marais, le corps momifié d'un Noir enchaîné. Dave est tenté de croire à ce récit invraisemblable car trente-cinq ans plus tôt, il a été le témoin impuissant de l'assassinat d'un homme de couleur par deux Blancs. Le corps n'avait jamais été retrouvé. Le shérif se moque bien d'un crime vieux de trente-cinq ans, mais lorsque Dave se retrouve devant le squelette de la victime, il comprend que le souvenir de ce meurtre n'a cessé de le hanter... En fait il comprend peu à peu que la guerre de Sécession ne s'est jamais arrêtée et que la bataille de New Iberia continue, avec une rare violence."
Et parallèlement à ce « cold case », l’inspecteur Dave Robicheaux doit résoudre des meurtres en série sur de jeunes femmes.
Burke est un des ces grands auteurs américains qui n'a pas peur de questionner le passé trouble de sa nation et de retourner le couteau dans la plaie. C'est un de ces grands hommes de lettres qui, sans tambour ni trompette, oeuvre afin que la conscience blanche ne sombre pas dans une paralysie de la mémoire. Jamais pour lui on ne pourra oublier que le Blanc s'est toujours comporté comme une brute par rapport aux gens de couleur, que l'esclavage était une mauvaise cause à défendre et qu'elle le fut le plus généralement par des hommes épris de justice et d'honneur.
James Lee Burke est un auteur sudiste qui parle de ce qu'il connaît le mieux, la difficulté de vivre avec un passé lourd, tout en construisant le futur en espérant qu'un jour le fossé ne sera plus aussi profond. Il aimerait que jamais il n'y eut de parois en bois qui séparaient les Blancs des Noirs. C'est de cela dont Burke parle et est le témoin : la culpabilité des Blancs qui arrivent mal à offrir plus que des mots...
Je donne un 9 sur 10 à cet œuvre épique grandiose. Ce livre a été édité en français chez Payot et Rivages en 1999, la version anglaise l’ayant été en 1992. 480 pages en format de poche.
Daniel
Publié par ange
à 2008-08-07 11:22:51
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Mercredi 06 août 2008

De ce temps-ci, je lis beaucoup de romans historiques québécois. Et parmi ceux-ci, "L'été de 1939" ayant comme sous titre "Avant l'orage", de Jean-Pierre Charland, chez Hurtubise HMH, 496 pages.
La présentation de l'éditeur
L'été de 1939 est chaud. Montréal connaît une vague de chaleur alors que de l'autre côté de l'Atlantique, l'orage se dessine : l'Europe semble se diriger vers une guerre inévitable. Au Canada, l'opinion publique est divisée; les francophones, dont plusieurs affichent une sympathie ouverte pour les régimes fascistes, réclament que le pays s'abstienne de toute intervention alors que la majorité anglaise souhaite un engagement aux côtés de la mère patrie. Sur cette toile de fond menaçante et dramatique, la femme d'un médecin de religion juive, Arden Davidowicz, député libéral au Parlement fédéral, est trouvée assassinée dans sa demeure d'Outremont. Les premiers soupçons se portent sur l'époux infidèle pas tellement éploré. Mais rapidement, Renaud Daigle, l'avocat chargé du dossier, oriente son enquête vers les milieux montréalais d'extrême droite et les militants nazis dirigés par Adrien Arcand. Voici une intrigue policière qui met en lumière les tensions sociales et ethniques d'une époque marquée par l'intolérance et le racisme.
Dans ce roman un peu ronflant, se croisent des personnages réels et d'autres fictifs. La plume de Charland va parfois dans des sillons historico-politiques qui risquent de ne pas toujours intéresser le lecteur, mais il réussit tout de même à recréer un monde, celui d'une époque où les choses n'étaient pas simples et risquaient de faire surgir, chez les Canadiens-français, certains travers peu reluisants. Même l'Église de l'époque eut un rôle pas toujours reluisant à jouer dans les émotions populaires. Pensons un peu à l'abbé Lionel Groulx et à son antisémitisme à peine voilé...
J'évalue ce roman historique à 7 sur 10.
Daniel
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à 2008-08-06 18:18:47
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Lundi 04 août 2008

J’aime beaucoup Louis Caron et je pense qu’il est un grand écrivain. Son style est fluide et recherché à la fois; mais pour moi, il fut et il est un romancier historique. Ainsi, j’ai lu et j’ai aimé il y a des années, sa trilogie « Les fils de la liberté ».
Ce roman que je viens de terminer me semble être une forme de passage du romancier historique au romancier du contemporain. Ce roman débute par un fait divers terrible qui est survenu ici au Québec : deux ados, un gars et une fille marchaient sur le pont Jacques-Cartier vers leur domicile de Longueuil en fin de soirée. De jeunes voyous les ont interceptés, violés et tués en les jetant dans le fleuve. Nous avons beaucoup entendu parler de ce crime surtout lorsqu’un des couples de parents a dit avoir pardonné aux assassins.
La suite de l’histoire est par contre tout autre dans ce roman. Le couple des parents du petit gars se dissout dans la tristesse, l’amertume et le ressentiment. La femme entre dans une secte et l’homme s’en va s’associer à des États-uniens revivalistes du genre Timothy McVeigh qui fit sauter un édifice et tua 168 personnes à Oklahoma City.
Dans sa quête d’une guérison face à ce deuil terrible qu’est la mort de son enfant, la femme entre dans une secte puis rencontre un Indien qui la traitera doucement grâce à sa vision amérindienne de la vie. L’homme s’associera à un chef violent de ce groupe de terroristes anti-gouvernementaux américains.
Mon évaluation :
Même si l’écriture est toujours très belle, je n’ai pas aimé ce roman que j’ai lu petit à petit entre deux autres livres, parce que finalement, je n’y accrochais pas. Caron entraîne le lecteur dans deux mondes qui n’intéressent pas le Québécois moyen : les sectes de type Raéliens et le monde fermé des petites armées américaines privées qui, du fond des campagnes, fourbissent leurs armes pour renverser leur gouvernement fédéral. Je dois avouer que bien malgré moi, le passage de Louis Caron d’écrivain historique à écrivain du contemporain n’est pas une réussite. Ma note : 6 sur 10. Édité aux Éditions Boréales en 2002. Je l’ai ce livre en format régulier. Il compte 426 pages.
Daniel
Publié par ange
à 2008-08-04 19:10:15
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Dimanche 03 août 2008

J’ai acheté tellement de polars que même si je suis un peu fatigué de ce genre quelque peu sordide, je dois bien continuer à les lire. Mais j’intercalerai des romans plus doux entre ces polars.
Je connaissais Dennis Lehane comme auteur, puisque j’ai déjà lu de lui « Mystic River » et quelques autres tels « Gone, baby gone ».
Dans ce roman policier, nous vivons la première enquête des détectives privés bostoniens Patrick Kenzie et Angela Gennaro. Un sénateur nommé Mulkern les engage pour retrouver des documents importants qui ont disparu, volés par la femme de ménage, une Noire nommée Jenna Angeline. Mais Jenna est assassinée devant Kenzie en plein coeur de Boston. Les documents enfin découverts obligent Patrick et sa collègue à continuer l’enquête à leurs risques et périls, puisqu’ils impliquent de façon grave un autre sénateur qui a des goûts SEXuels plutôt dépravés.
Le tout provoque une guerre de gangs de rues, des Noirs du quartier dur de South Boston, quartier que je ne connaissais pas du tout. La violence y est terrible et omniprésente, et même si ce livre est très bien écrit et fort palpitant, sa lecture me conforte dans ma décision de lire autre chose que des polars.
Mon évaluation :
Dans ce polar, Lehane nous présente un tout autre genre que ce que nous avons vu dans «Mystic River» et autres «Shuttle Island». On y fait connaissance avec un Boston hyper violent où le racisme, la haine et la peur sont omniprésents. Heureusement que l’auteur y montre un certain humour "noir" et de multiples explications de sa perception de la vie moderne en général. Kenzie est lui-même rempli de haine face à son héros de père, pompier décédé d’un cancer du poumon qui l’a continuellement battu quand il était jeune. De là un certain apport psychologique à la touche de l’auteur. Sa collègue, pour sa part, vit avec un « connard » qui la bat et que Kenzie déteste. Et constamment, le flirt entre Kenzie et Angela nous montre que les sentiments sont très forts entre les deux collègues et pourraient mener à autre chose...
Je donne un 7,5 sur 10 à ce polar édité en 1999 pour la traduction française,, chez Payot et Rivages. J’ai lu le format de poche qui compte 344 pages.
Daniel
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à 2008-08-03 13:19:20
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Vendredi 01 août 2008

Voici donc un résumé du roman « La pure vérité » écrit par Jodi Picoult, jeune auteure américaine dont j’avais déjà lu un roman concernant un pacte de suicide entre deux ados qui s’aimaient. J’ai beaucoup mieux apprécié ce roman-ci :
Un jeune fermier vient de découvrir un nouveau-né mort dans une étable et alerte la police. L’inspectrice Lizzie Munroe arrive aussitôt et très rapidement, ses soupçons se portent sur une jeune amish de dix-huit ans, Katie Fisher, la seule qui a plus ou moins l’âge de procréer.
Seulement, cette dernière affirme vivement qu’elle n’a jamais été enceinte, mais quelques indices laissent supposer qu’elle pourrait mentir. Son père Aaron Fisher refuse catégoriquement de croire que sa fille ait pu avoir un lien quelconque concernant cette affaire, car dans la communauté amish, on ne donne pas naissance en dehors du mariage.
Afin de venir en aide à sa nièce inculpée de meurtre, la tante de Katie fait appel à la très compétente Ellie Hathaway, avocate renommée de Philadelphie, célèbre pour avoir gagné des procès perdus d’avance. Celle-ci s’installe alors à la ferme des Fisher pour comprendre ce qui est vraiment arrivé au bébé. Y-a-t-il eu un crime sur ce nouveau-né ?
Ce que j’ai le plus apprécié dans « la pure vérité », c’est de lire une histoire qui se passe dans la culture amish, dont les valeurs préconisées sont l'intégrité, l’humilité, la modestie et l’obéissance aux règles de la communauté. Les amish sont voués à leur Dieu. Ils refusent absolument le confort moderne et choisissent de vivre comme dans l’ancien temps : sans électricité, sans tracteur, etc. Même leurs tenues vestimentaires sont très différentes des notre. Personnellement, je ne crois pas que je pourrais vivre comme eux. Concernant leurs principes moraux, je trouve qu’ils ont un côté parfois rigide, sévère. Pour citer un exemple, Jacob, le frère aîné de Katie, a été excommunié de la communauté parce qu'il s’est inscrit au collège pour poursuivre ses études. Or, étudier au-delà de la 8ème année va à l'encontre des enseignements de leur Eglise, et c’est la raison pour laquelle son père l’a renié et refuse de le revoir depuis des années. Sinon, j’ai appris que les amish sont des gens fort courageux et rigoureux dans le labeur, j’aime aussi le fait qu’ils sont solidaires entre eux. Ce roman présente une culture qui contraste totalement avec celle que nous connaissons. Par ailleurs, il faut reconnaître que l’intrigue imaginée par Jodi Picoult, reposant principalement sur le mystère du décès du bébé, maintient le suspens jusqu’à la dernière page. On se demande constamment si le nouveau né a été tué volontairement, ou bien il a subi une mort naturelle. Pour conclure, je dirais que les deux héroïnes sont très attachantes, Katie Fisher et Ellie Hathaway. On apprécie autant l’une que l’autre pour leur personnalité et leurs valeurs morales respectives. J'ai vraiment aimé ce roman en même temps policier, sociologique et psychologique.
Mon évaluation : 9 sur 10. Édité en format régulier en 2001 aux Presses de la Cité. 498 pages.
Daniel
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à 2008-08-01 10:04:10
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Mardi 29 juillet 2008

Voici un autre roman de James Lee Burke que j'ai beaucoup apprécié, même si j'ai décidé de lire pendant un certain temps autre chose que des polars, car j'en ai un peu assez de ce monde odieux qu'on nous présente constamment dans ce genre de littérature. Voici un résumé de l'histoire:
Dave Robicheaux connaît la famille Sonnier depuis toujours. Il est allé à l'école avec Weldon, a servi au Viêt-Nam avec Lyle et a même été l'amant de Drew. Aujourd'hui Weldon est marié et vit de ses puits de pétrole, Lyle est devenu prédicateur. Quant à Drew, elle a fondé une section d'Amnesty International et trompe sa solitude avec des amants de passage.
Un jour, la maison de Weldon est mise à sac par trois tueurs de la Mafia de La Nouvelle-Orléans et on retrouve Drew clouée par une main dans son arrière-cour. Dave a le sentiment que les Sonnier sont marqués par un passé maudit, mais il est déterminé à l'exorciser avant qu'il ne prenne l'avenir en otage.
Les romans de James Lee Burke ont une constance, c'est toujours une plongée dans le passé. C'est la mise en lumière que l'image que l'on garde de celui-ci est souvent fausse et tronquée par une mémoire qui gomme les angles, les couacs, où les blessures apparaissent comme des victoires. Robicheaux, son personnage principal, n'est pas uniquement un ancien alcoolique (comme l'auteur) c'est, surtout, un de ces hommes qui aiment à travestir sa mémoire. Et même s'il a souvent des bitures blanches, il veut en permanence retrouver une partie de ce temps, d'avant qu'il ne détruise son existence dans des bars louches. Hélas pour lui tout cela n'existe plus et le présent vient le lui rappeler à chaque nouveau tournant. Très souvent aussi, le passé ressurgit une grimace à la bouche, avec un odeur de fiente et de pourriture car le passé du Sud des USA est un passé marqué par l'infamie et le mensonge. Il ne reste souvent à Robicheaux que son épouse et sa petite fille et une nature en pleine déliquescence, engloutie par la main de l'homme mais qui garde à tout jamais ses effluves sereines.
Mon évaluation:
Ce roman est un roman de la vérité, celle qui se cache même dans les pires tourments. C'est aussi un cri de pardon qui souvent résonne contre les falaises d'une carrière laissée à l'abandon. Un grand roman humain édité chez Rivages et Payot pour la version française, en 1998. 475 pages en version de poche. 7,5 sur 10.
Daniel
Publié par ange
à 2008-07-29 08:54:13
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Mercredi 23 juillet 2008

Quel roman ténébreux ! Les marais louisianais dégagent parfois des relents de haine dont on voudrait bien se débarrasser. C’est toujours commode de se trouver un bouc émissaire sur lequel faire porter la responsabilité de la décrépitude de toute une communauté. Ce rôle peu enviable, on le fait jouer à Aaron Crown, en l’accusant du meurtre d’un militant noir des droits civiques dans les années soixante.
Du fond de la prison d’Angola où il purge sa peine, Crown demande à Dave Robicheaux de l’aider à retrouver la liberté. Mais dans le climat électrique qui entoure l’élection du prochain gouverneur, la résurgence de sombres affaires peut coûter à Buford Larose sa candidature et l’inspecteur Robicheaux va jouer les trouble-fêtes en prenant la défense d’un homme que tout accable. Dave Robicheaux veut découvrir ce qui s’est passé il y a trente ans. Mais il va aussi devoir affronter les souvenirs d’une époque où les vapeurs de l’alcool brouillaient sa mémoire, lui, l’alcoolique maintenant inactif et membre des AA.
Mon évaluation : je dois dire que j’ai moins aimé ce polar que celui du même auteur, lu précédemment. A lire Burke, on dirait que la Louisiane est un état poisseux où les meurtres s’accumulent à un rythme endiablé. Le nombre inouï de personnages « pégreux » rend la lecture difficile car on ne sait plus exactement de qui l’auteur parle. Si l’alcool et la guerre du Vietnam ont laissé quelques toiles d’araignées au cerveau du policier Dave Robicheaux, on se demande parfois s’il n’en a pas prêté quelques-unes à l’auteur James Lee Burke.
Je dois dire que cet auteur écrit merveilleusement bien et que la traduction est très bonne. Comme je l’ai déjà mentionné, le langage cajun est parfois un peu spécial pour le lecteur mais avec l’expérience de la Sagouine que possèdent les Québécois, on se débrouille bien avec cette langue créolisée. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau du passage de l’argot américain à l’argot français (de France). Il est parfois difficile de comprendre ce langage des bas-fonds parisiens, étant donné l’utilisation de termes inconnus en tous les cas, pour moi. Je crois qu’un traducteur québécois aurait pu faire une travail excellent ici.
Alors, j’évalue ce livre édité chez Payot et Rivages en 1999 pour la traduction française et comportant 344 pages en format régulier, à 7 sur 10. Je lirai tout de même d’autres romans de James Lee Burke, car on peut ne pas aimer un livre et aimer tous les autres. Si vous avez des suggestions de titres à me faire, ne vous gênez surtout pas !
Daniel
Publié par ange
à 2008-07-23 11:47:58
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Vendredi 18 juillet 2008

Suite à la suggestion d’un ami blogueur, voici mon premier roman d’un auteur que j’ai adoré, James Lee Burke. L’histoire de ce polar se passe en Louisiane, à la Nouvelle-Orléans, parmi nos frères de sang les Cajuns, ces Acadiens américains dont le prototype le mieux connu pour nous est Zachary Richard.
Le policier Dave Robicheaux est un être attachant et très humain, un peu comme l’est Harry Bosch, la vedette de Michael Connelly. Comme Bosch, Dave est aussi un ancien du Vietnam qui a un long vécu et a beaucoup souffert comme jeune quinquagénaire. Dans ce roman, l’accent des Cajuns (souvent des Noirs, compte tenu des nombreux mélanges raciaux) est suave et ressemble à celui de notre Sagouine. Voici un résumé de l’histoire tel qu’il apparaît sur la couverture arrière du livre:
« Afin d’éponger les dettes qui pourraient lui coûter sa maison et son affaire de location de bateaux, Dave Robicheaux travaille à nouveau pour les services du shérif. Chargé de convoyer deux condamnés à mort vers le lieu de leur exécution, il tombe dans une embuscade. L’un des prisonniers lui tire une balle dans la poitrine avant de disparaître avec son codétenu. Traumatisé par la violence de l’agression, qui a réveillé chez lui les souvenirs les plus éprouvants sur son expérience au Vietnam, Dave se laisse néanmoins convaincre par un ami de rejoindre la Force spéciale présidentielle sur les stupéfiants. Chargé d’infiltrer la mafia de la drogue de la Nouvelle-Orléans, il se retrouve bientôt en proie à d’étranges démons. Le passé resurgit sous les traits de Bootsie Mouton, son premier amour. Possédé par le personnage qu’il joue, il devient l’intime de Tony Cardo, le caïd de la drogue. Partagé entre l’horreur et la compassion, il entre peu à peu dans le cauchemar qu’est la vie de Tony. Pour se retrouver, il lui faudra affronter la peur qui est ancrée en lui. »
Mon évaluation : comme je l’ai mentionné, j’ai beaucoup aimé l’écriture de cet auteur sensible qui décrit aussi bien ses personnages aux traits puissants, que leur environnement de toute beauté d’un pays dont on entend parler par des gens comme Zachary Richard. Un peu de notre âme vit là-bas, suite à cette sauvage déportation de mes ancêtres en 1755.
Ainsi, je recommande fortement la lecture de l’œuvre de James Lee Burke, dont ce polar édité chez Rivage en 1993 pour la version française. Ce livre en format régulier compte 317 pages. Ma note : 8,5 sur 10. Lecture fortement recommandée à qui aime les polars « softs » dans lesquels on ne retrouve pas d’écoeuranteries cadavériques et autres désagréments pour tordus.
Daniel
Publié par ange
à 2008-07-18 17:41:51
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Mardi 15 juillet 2008

Je suis revenu à mon préféré, Michael Connelly dans l’avant-dernier roman que je lis de lui, en tout cas de l’œuvre déjà écrite. Et autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré ce thriller sensible et bien mené.
Cette fois, Connelly ne nous présente pas un flic, un avocat ou un journaliste, comme personnage principale. Le grand rôle, il le donne à une femme, qui plus est, une femme qui est de l’autre côté de la clôture, du côté des truands, des voleurs.
Cassidy Black a passé cinq ans en prison, suite à une tentative de vol dans un casino de Las Vegas. Mais son amoureux est mort dans ce vol raté. La journée de la mort de celui-ci, elle lui avait appris qu’elle attendait un enfant de lui. Alors qu’elle était en prison, elle a dû donner sa fille en adoption. Mais maintenant sous liberté conditionnelle, elle décide de tenter un coup ultime pour avoir suffisamment de fric afin d'enlever sa fille aux parents adoptifs et partir au loin avec elle. Son grand ami Léo lui trouve un coup à faire au même casino qu’où est mort le père de sa fille, le Cléopatra. L’idée est d’aller dévaliser dans sa chambre un gros joueur, une fois qu’il se sera endormi. Et pour cela, les moyens technologiques sont ahurissants et existent vraiment.
Mais parfois, on vole plus que ce qu’on voudrait voler et on vole l’argent qui peut appartenir à des gens dangereux et non à celui qu'on prenait simplement pour un gros joueur. Et en plus, si le détective attaché à l’hôtel est un sadique psychopathe, on peut jouer bien gros…
Mon évaluation :
Je trouve que dans ce roman, Connelly innove à plein par le genre de personnage qu’il nous présente. Cassidy Black est une voleuse attachante et on se prend à vouloir qu’elle réussisse absolument son coup, par amour pour sa fille et en souvenir de son amoureux.
Habituellement, ce que je préfère dans l’œuvre de Connelly, c’est quand l’inspecteur Harry Bosch est le héro mais ici, je dois dire que Connelly m’a bien possédé, car j’ai adoré ce personnage et ce polar intelligent et hypersensible. C’est donc avec plaisir que j’évalue ce roman à 9 sur 10. Il a été édité en 2000, au Seuil pour la version française. Il compte 429 pages en format de poche. Je le recommande fortement à qui aime les vrais bons polars.
Daniel
Publié par ange
à 2008-07-15 00:31:27
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